Climat : la baisse des émissions de CO2 marque un coup d'arrêt en 2024
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Le transport routier pèse lourd dans les émissions françaises de gaz à effet de serre et n'améliore pas ses performances
Albert Gea
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Le transport routier pèse lourd dans les émissions françaises de gaz à effet de serre et n'améliore pas ses performances
Albert Gea
La tendance était déjà connue, puisqu'elle avait conduit la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher à demander la tenue d'un Conseil de planification écologique (CPE), le premier en 18 mois. Initialement prévu ce vendredi 28, ce CPE a été reporté in extremis au lundi 31, comme un cadeau d'adieu à Antoine Peillon, dont ce sera le dernier jour au poste de Secrétaire général à la planification écologique. La pré-estimation des émissions de gaz à effet de serre pour 2024 publiée ce vendredi par le Citepa, organisme indépendant qui publie des données de référence sur le changement climatique, le confirme.
Avec une baisse globale de -1,8%, non seulement c'est moins bien que l'année précédente (-5,8%), mais c'est surtout en-dessous de qui serait nécessaire pour rester dans les clous de la feuille de route climat/énergie française. Pour atteindre notre objectif de neutralité carbone en 2050 et respecter le nouvel objectif européen à horizon 2040, passé de -40 à -55% d'émissions par rapport à 1990, le rythme d'abattement devrait en effet se maintenir à 5% par an. Pour la France, la déclinaison de cet objectif correspond à une baisse de -50% de ses émissions brutes, c'est-à-dire, hors puits de carbone. Les chiffres du Citepa n'en tiennent d'ailleurs pas plus compte, mais on sait que la capacité d'absorption des forêts, notamment, diminue sous l'effet du dérèglement climatique. Autrement dit, en émissions nettes, la performance 2024 ne peut qu'être plus médiocre encore.
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Au total, les émissions de 2024 sont pré-estimées à 366 millions de tonnes équivalent CO2 (MTCO2e). C'est en-dessous du budget carbone établi par la deuxième stratégie nationale bas carbone (SNBC2) révisée en 2024 par le Haut conseil pour le climat, fixé à 382 MTCO2e pour 2024. Mais au-dessus de celui prévu par la SNBC3 en cours de révision. Cette SNBC3, qui intègre le nouvel objectif européen, fixe ce budget carbone annuel moyen provisoire à 333 MTCO2e pour la période 2024-2028, avec une part indicative de 363 MTCO2 pour 2024.