Les émissions de gaz à effet de serre rebondissent en France
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La tendance sur 12 mois glissants reste tout de même de -3,1%. (Photo d'illustration)
Michael Dalder
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La tendance sur 12 mois glissants reste tout de même de -3,1%. (Photo d'illustration)
Michael Dalder
Selon les données publiées ce vendredi par le Citepa, les émissions de gaz à effet de serre en France ont augmenté de 0,5% au troisième trimestre 2024 par rapport à la même période en 2023. Cette progression tranche avec les baisses enregistrées au premier (-5%) et au deuxième (-2,2%) trimestres. Sur les neuf premiers mois de 2024, la tendance reste cependant à la baisse avec une réduction de 2,4%, hors puits de carbone. Toutefois, cette diminution est bien moins marquée qu'en 2023, où la baisse atteignait 6% sur la même période. « La tendance sur douze mois glissants actuellement est de -3,1% (année mobile) », relativise le Citepa, dont les données restent pour l'heure provisoires.
Cette dynamique en demi-teinte intervient dans un contexte mondial marqué par des catastrophes climatiques de plus en plus violentes et fréquentes, largement exacerbées par le réchauffement climatique. Ce ralentissement « nous rappelle qu'il ne faut pas baisser la garde », même si « fort heureusement, [il] nous laisse encore sur la bonne trajectoire », a souligné vendredi sur RTL la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher.
En France, l'augmentation des émissions au troisième trimestre 2024 trouve principalement son origine dans les secteurs du bâtiment et des transports. Le bâtiment enregistre une hausse notable de 11,8%, et plus particulièrement « la hausse des émissions associée au chauffage des bâtiments résidentiels et tertiaires au mois de septembre 2024 ».
Les transports affichent également une progression (+1,1 %) liée à l'intensification du trafic routier, bien que le transport aérien domestique ait poursuivi sa baisse (-4,1 %). En revanche, les émissions industrielles continuent de diminuer, mais à un rythme ralenti (-1,3 % au troisième trimestre contre -2,8 % au deuxième).
Face à ce ralentissement des réductions d'émissions, la France devra redoubler d'efforts pour respecter les objectifs fixés par la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC). Le pays s'est engagé à réduire ses émissions de 4,7% par an, soit environ -16 millions de tonnes de CO2 équivalent (Mt CO2e) par an d'ici à 2030. Pourtant, l'histoire récente rappelle les défis rencontrés : la France n'avait pas atteint les objectifs de son premier budget carbone (2015-2018) et avait revu ses ambitions à la baisse en 2019. Un bilan actualisé de la SNBC 2 est attendu en 2025 pour évaluer les progrès.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

« Compte tenu des efforts que nous avons faits ces deux dernières années, nous ne prenons pas de retard » sur l'objectif de réduire de 55% les émissions de la France d'ici à 2030, a ajouté la ministre de la Transition écologique.
L'année 2024 s'est imposée comme la plus chaude jamais enregistrée, selon le réseau de scientifiques World Weather Attribution (WWA). Cette chaleur exceptionnelle a alimenté cyclones, vagues de chaleur et autres phénomènes météorologiques extrêmes à travers le monde.
Friederike Otto, climatologue au WWA, résume la situation : « Les impacts du réchauffement causé par les énergies fossiles n'ont jamais été aussi clairs ni aussi dévastateurs qu'en 2024. Nous vivons dans une nouvelle ère dangereuse. »
Les conséquences ont été dramatiques. En juin, plus de 1.300 pèlerins musulmans sont morts lors du hajj en Arabie saoudite en raison de températures atteignant 51,8 °C. En Grèce, une canicule précoce dépassant 40 °C dès juin a alimenté des incendies violents. Des régions comme le Mexique et le Pakistan ont subi des températures extrêmes dépassant 50 °C, causant des pertes humaines et environnementales massives.
Parallèlement, des inondations catastrophiques ont frappé des régions aussi variées que les Émirats arabes unis, l'Afrique de l'Ouest, l'Europe et l'Asie du Sud-Est. En novembre, les Philippines ont enduré six tempêtes majeures en deux mois, tandis qu'à Mayotte, le cyclone Chido a laissé des dégâts importants, illustrant la vulnérabilité des territoires insulaires.
En 2024, des incendies majeurs ont ravagé des régions entières aux États-Unis, au Canada et en Amazonie. Parallèlement, des sécheresses prolongées ont laissé 26 millions de personnes menacées par la faim en Afrique australe. Au-delà des impacts environnementaux, les catastrophes liées au climat ont causé des pertes humaines et économiques considérables en 2024.
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Le groupe d'assureurs Swiss Re estime que les catastrophes naturelles ont généré 310 milliards de dollars de pertes. Aux États-Unis, 24 désastres ont chacun causé plus d'un milliard de dollars de dégâts. Au Brésil, la sécheresse a coûté 2,7 milliards de dollars au secteur agricole en seulement trois mois.
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