Chronique de François Simon : L’Océan, cet insolent
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Il fut un temps où cet établissement réputé revendiquait le toupet d'être situé à 50 mètres « sur la mer », c'est‑à-dire au-delà du rivage. C'est clair, son menton est posé sur les rochers et, depuis les larges baies vitrées du restaurant, l'effet est saisissant. L'Océan porte bien son nom et l'on accepterait volontiers de poursuivre une immersion encore plus radicale : un bon paquet d'eau de mer et de goémon venant faire rugir de bonheur la clientèle. Cette dernière est aussi impressionnante que la mer : la bourgeoisie locale est d'ailleurs venue respirer un grand coup au-dessus de l'écume et de la roche.
Claude Chabrol y avait ses habitudes (comme au restaurant Le Lénigo) car il habitait Le Croisic depuis 2004. Il devait pêcher ici quelques scènes croquignolesques comme le font le serveur avec l'épuisette de l'aquarium pour les langoustes et les homards. Car il y a à L'Océan comme un lâcher-prise d'une clientèle si contente d'être là, de regarder la mer, son sac et son ressac, aussi fascinant qu'un feu de cheminée.
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Autre grand moment, la découpe du bar en croûte de sel. Certes, parfois, c'est laborieux, lorsqu'un junior s'en charge avec des hésitations enfantines, mais cela fait partie de la nature de ce restaurant - l'indulgence - animé par trois générations de la famille (Louis-Samson) depuis près de soixante ans. Les habitués se souviennent encore de M. Louis et ses costumes trois-pièces venant, les mains derrière le dos, inspecter avec bienveillance le déroulement du service. Celui-ci est dans toute son amplitude avec les responsables sourcillant, vaguement à côté de la plaque, et les pioupious la fleur au fusil, le frisson du premier job.
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