La saga des « art cars » aux 24 Heures du Mans
Alexandre Lazerges
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La BMW Art Car #20 peinte par l’artiste Julie Mehretu.
© LTD / TEREZA MUNDILOVÁ/BMW AG
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La BMW Art Car #20 peinte par l’artiste Julie Mehretu.
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« Une peinture performative » : c'est ainsi que l'artiste Julie Mehretu qualifie la décoration réalisée sur la carrosserie de la BMW M Hybrid V8 de 640 ch qui s'alignera au départ des 24 Heures du Mans samedi prochain. Non seulement ce bolide a de bonnes chances de figurer sur le podium, mais l'artiste abstraite dont les toiles se vendent des millions de dollars a su évoquer habilement le travail de Frank Stella ou de Roy Lichtenstein, auteurs chacun d'une des art cars pilotées par le commissaire-priseur et gentleman driver Hervé Poulain. Un coup d'œil dans le rétro : tout commence en 1975. Après quelques rallyes en Alpine, Hervé Poulain, 34 ans à l'époque, professionnel de l'art et passionné d'automobile, rêve de participer aux 24 Heures du Mans. « Cette course reste le Graal automobile ultime », nous rappelle l'octogénaire, aujourd'hui président d'honneur de la maison de vente Artcurial.
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Pour arriver à ses fins, il réussit à convaincre le fondateur de BMW Motorsport, Jochen Neerpasch, de faire peindre une voiture par Alexander Calder, artiste mondialement célèbre pour ses mobiles géants. « Je me suis rendu dans la maison de Calder à Saché, près de Tours, avec une miniature de la voiture, raconte Me Poulain. Après un bon déjeuner arrosé de pomerol, Calder a peint la maquette avec les couleurs primaires, rouge, jaune et bleu. Il ne restait plus qu'à reporter ces couleurs sur la vraie voiture, pour offrir au public une sculpture roulante et faire se rencontrer l'art contemporain et le sport automobile. » Ce qui n'a pas empêché la BMW 3.0 CSL de se montrer performante, pointant même à la 6e position du classement général à la troisième heure de course, avant d'abandonner sur casse de transmission. Le pari d'Hervé Poulain est réussi. L'année suivante, c'est l'artiste Frank Stella qui peint des lignes façon papier millimétré symbolisant le travail des ingénieurs, mais la « Béhème » abandonne de nouveau.
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