Il ne fait pas bon avoir des ambitions sportives internationales quand on est une athlète iranienne. La preuve avec cette histoire qui nous plonge dans les coulisses suffocantes des championnats du monde de judo. Une judokate iranienne, Leila (Arienne Mandi), et son entraîneuse, Maryam (Zar Amir), ont la ferme intention d'offrir sa première médaille d'or à l'Iran... Mais en pleine compétition, alors qu'elle remporte ses matchs et s'approche du Graal, la République islamique leur ordonne de simuler une blessure et d'abandonner, pour éviter une possible confrontation avec l'athlète israélienne. Entravée dans son parcours et menacée à travers sa famille restée au pays, Leila se pliera-t-elle à ces ordres ou se battra-t-elle pour sa liberté ? Pour son premier film, l'actrice Zar Amir (déjà primée à Cannes), accompagnée de l'Israélien Guy Nattiv, s'inspire de faits réels endurés par les sportifs iraniens depuis des dizaines d'années et dénonce la violente emprise du régime sur ses ressortissants, jusque dans le domaine du sport. L'utilisation du noir et blanc, la performance des actrices et le suspense savamment orchestré par la mise en scène tiennent le spectateur en haleine autant qu'ils le révoltent contre cette oppression sans limites, faisant de Tatami un film politico-sportif captivant. C.L