Prix du livre La Tribune : garanti sans fiction
Anne-Laure Walter et Aurélie Marcireau
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Raphaël Llorca, auteur du Roman national des marques.
© LTD / PASCAL ITO
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Raphaël Llorca, auteur du Roman national des marques.
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Le roman de Claire Vesin, qui nous entraîne au cœur de l'hôpital public de banlieue, vaut tous les rapports d'experts.
Lorsqu'on attaque la lecture d'une fiction dans l'univers hospitalier, on s'attend au sang, aux drames, à des « NFS, chimie, iono » hurlés par de sexy et héroïques médecins, aux brancards qui s'entrechoquent et aux internes qui se percutent en salle de repos. Calmons-nous : Blanches n'est pas la version papier d'une série télé. Claire Vesin ne cède pas aux clichés et à l'émotion facile dans ces salles d'attente, concentrés de la société où chaque jour la vie et la mort sont en balance. Et pourtant, c'est tout aussi captivant. Médecin de profession, elle détaille avec finesse la fragilité du système de santé et du personnel hospitalier. Ce qui aurait pu être un documentaire se mue en pur roman grâce à l'épaisseur de ses personnages.
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Le temps du stage d'une interne bien née, la fragile Aimée, on découvre Jean-Claude, le vieux et brillant chirurgien torturé par ses démons, Laetitia, la trop jeune infirmière en première ligne à l'accueil des urgences, ou Fabrice, le solide médecin du Samu qui perd son assurance et son sex-appeal lorsqu'il retire l'uniforme. Et puis il y a ce bâtiment. Le centre hospitalier de Villedeuil, banlieue imaginaire à 4 kilomètres de Paris. Il fut au début du XXe siècle un majestueux ensemble de pavillons de briques avec sa fontaine et son allée de tilleuls. La pression démographique des banlieues l'a affublé dans les années 1970 de tours recouvertes de carrelage blanc aux noms symbolisant la modernité, comme « Cosmos », où se déroule l'action. Aujourd'hui tout tombe en décrépitude. Même la guirlande lumineuse de bienvenue, installée pour les fêtes, n'affiche plus qu'une lettre sur trois. À peine posée et déjà défectueuse.
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