Thibault de Montaigu, en pyjama devant l’ascenseur vide

Anna Cabana
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Thibault de Montaigu présente son nouvel ouvrage « Cœur », aux éditions Albin Michel, à « La Tribune Dimanche ».
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Sur la jaquette figurent deux cœurs. L'un claque en lettres blanches : le titre du roman. L'autre se lit sur les lèvres entrouvertes de l'irrésistible garçonnet qui vous regarde, « timide et rêveur » - comme Thibault de Montaigu le dit de lui-même, et à deux reprises, dans le livre -, depuis le trottoir d'une enfance qu'il a passée à attendre un papa à la « splendeur assassine », toujours sur le départ, dont la légèreté et la « mâle assurance » l'émerveillaient autant qu'elles le meurtrissaient. Un papa tout à la fois admiré et réduit à la périphrase douloureuse que voici : « Cet homme que j'avais brièvement côtoyé durant mon enfance. »
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Quand le livre commence, ce papa autrefois « beau à se damner », « étincelant de charme et d'esprit », « l'émule de Casanova, pour qui chaque jour qui se lève est une occasion d'aventure, de hasards et de plaisirs », est devenu un octogénaire au « cœur fatigué » - dixit le médecin -, diminué et ruiné qui ne voit plus rien et qui décide de confier à son fils la chevalière dont jamais il ne s'est départi. La bague en or que l'enfant regardait comme la source de la force et du magnétisme enjôleur de son père, héritage de son arrière-grand-père, le capitaine Louis Tassin de Montaigu, mort en 1914 dans une charge héroïque qu'il aurait lancée contre l'artillerie allemande. Ce jour-là, depuis son lit de vieillesse et de douleur, le père demande au fils de mener l'enquête sur cet aïeul. « "J'aimerais que toi, tu écrives l'histoire de Louis. [...]
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