C'est peu dire que sa parole est rare. La preuve : sa dernière interview remonte à deux ans. Au cœur de l'été, les premiers échanges par SMS avec Yann Barthès se révèlent chaleureux. Pour le rencontrer physiquement, rendez-vous est pris cette semaine dans les locaux de Bangumi, la société qu'il a créée en 2011 avec le producteur Laurent Bon. Le joyau de cette boîte de production - l'une des rares à être indépendante capitalistique-ment d'un grand groupe médias - se nomme Quotidien. Lancé sur la chaîne TMC en 2016, ce talk-show s'est rapidement imposé comme un phénomène télé. Une fois le shooting photo terminé, Yann Barthès nous emmène dans son bureau niché au cœur de la rédaction, où les équipes préparent déjà la rentrée. Au menu : une discussion de près de deux heures avec un présentateur terriblement humain.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Pourquoi fuyez-vous les interviews ?
YANN BARTHES - Ah, cette fameuse légende ! Je parle tous les soirs deux heures à la télévision et suis à l'antenne plus de deux cents jours par an, je ne vais pas faire en plus des interviews à la chaîne. Je risquerais de me répéter et de tomber dans ce tourbillon médiatique que l'on décrypte dans Quotidien. Et puis, les interviews en presse écrite, franchement, quel enfer parfois ! Quand on lit le papier, on ne retrouve pas toujours vraiment ce qu'on a dit. Un jour, j'ai eu un journaliste en face de moi qui n'enregistrait pas et prenait juste de temps en temps quelques notes sur son cahier. Sur le moment, j'ai trouvé ça bizarre, et je n'ai pas été déçu en découvrant le résultat ! [Rires.]