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Crise de la dette : Papandréou impose son peuple dans le débat

Angélique Kourounis

Publié le 02 novembre 2011 à 07:55 - Mis à jour le 02 novembre 2011 à 09:15

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À la surprise générale, le Premier ministre grec a annoncé la possible tenue d'un référendum sur le plan d'aide européen à son pays au début de 2012. Sa décision a fait lourdement chuter les marchés. Les dirigeants européens se réunissent ce mercredi en urgence avant le sommet du G20.

Décidément, les plans européens successifs pour résoudre la crise de la dette déclenchée par la Grèce ressemblent de plus en plus à ces usines Potemkine que l'on faisait jadis visiter aux touristes avides du rêve soviétique. Cette fois, il aura suffi de cinq jours pour faire disparaître le timide retour de la confiance née après le sommet de Bruxelles, qui selon Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, devait apporter « une solution durable » à la crise de la dette. Car mardi, le feu a repris avec plus de vigueur encore, allumé par Georges Papandréou lui-même. Le Premier ministre grec, confronté à l'exaspération de la population face à une austérité croissante, a décidé de jouer son va-tout lundi en annonçant la tenue d'un référendum début 2012 sur le plan d'aide à son pays.

Ce coup de théâtre a déclenché une forte chute des marchés financiers (lire ci-contre). Les taux payés par l'Italie, devenus le baromètre du risque de contagion dans la zone euro, se sont à nouveau envolés, malgré l'intervention massive de la Banque centrale européenne (BCE). Et la déclaration commune franco-allemande qui se dit déterminée à appliquer les décisions prises la semaine dernière n'ont pas même réussi à freiner le mouvement. Il est vrai que l'accord de Bruxelles, par son flou, n'avait déjà guère convaincu les marchés. Mais il est certain que désormais la tension aura de la peine à retomber. Car que se passera-t-il en cas de « non » grec ? Sans l'aide européenne, Athènes n'aura d'autres choix que de faire un défaut unilatéral sur sa dette, voire de négocier sa sortie de la zone euro. Dans ce cas, la contagion sera bien difficile à stopper pour les autres maillons faibles de la zone. « L'Europe doit se préparer aux cas extrêmes », a prévenu le chef économiste d'Allianz, Michael Heise, dans une note. « Il est désormais essentiel que les détails des nouveaux instruments du plan d'aide et de la décote de la dette grecque soient rapidement rendus publics », ajoute-t-il.

Coup de poker

Du coup, la république hellénique va sans doute devenir le centre des discussions du G20 de Cannes, sommet auquel Georges Papandréou devrait participer. Dès ce mercredi, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy mèneront dans la station balnéaire française une série de consultations, en compagnie du FMI, des institutions européennes et du gouvernement grec pour assumer une « mise en oeuvre dans les meilleurs délais » de l'accord du 27 octobre. Mais n'est-il pas déjà trop tard ?

Certes, le pari de Georges Papandréou est risqué. Mais la situation en Grèce présentait un danger réel de pourrissement. Les premiers sondages laissent présager un résultat des plus indécis sur un référendum dont on ne sait pas encore comment sera formulée la question clé. « La volonté du peuple doit s'imposer à nous, a-t-il martelé lundi devant le groupe parlementaire socialiste qui n'en croyait pas ses oreilles, il doit décider si oui ou non il accepte l'accord conclu à Bruxelles. »

Fin politique, le Premier ministre veut mettre un terme à la fronde au sein de son parti, le Pasok. Pour cela, il demandera un vote de confiance vendredi. Mais là aussi l'issue du vote reste incertaine, et le risque d'être mis en minorité sérieux. Ainsi, deux députées parmi ses plus proches soutiens, furieuses d'avoir été mises devant le fait accompli, ont annoncé qu'elles voteraient la censure et une troisième a demandé la constitution d'un gouvernement d'union nationale et l'annulation du référendum. La majorité parlementaire pourrait ne tenir qu'à un fil, 151 sièges sur 300. Mais nombre de députés socialistes savent qu'en cas d'élections anticipées, ils ne retrouveront pas leur siège.

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Reste que ce coup de poker est aussi destiné aux dirigeants européens, Allemagne en tête, qui voudrait placer le pays sous un tutorat économique, ce que les Grecs refusent massivement. Georges Papandréou veut obtenir des avancées sur ce plan. C'est le message qu'il a délivré en substance mardi lors de sa discussion téléphonique avec Angela Merkel. Elle a dit « comprendre » sa décision. À la veille du G20, la balle est dans le camp des décideurs européens.

Angélique Kourounis

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