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La France réorganise sa lutte contre les stupéfiants

reuters.com  |   |  353  mots
La france reorganise sa lutte contre les stupefiants[reuters.com]
(Crédits : Ognen Teofilovski)

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a annoncé mardi une refonte de l'organisation nationale de lutte contre le trafic de drogue au travers de 55 mesures, dont la création d'un Office anti-stupéfiants sur le modèle de la DGSI pour l'antiterrorisme.

Quelque 200.000 personnes sont mises en cause chaque année en France pour des infractions liées aux stupéfiants, un marché qui ferait vivre 20.000 personnes et estimé à 3 milliards d'euros par le ministère de l'Intérieur.

"Nous avons décidé d'agir, d'agir vite, d'agir fort. (...), Une réforme est devenue nécessaire, impérative même", a déclaré le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner aux côtés de ses collègues de la Justice et de l'Action publique à Marseille, ville touchée par le trafic de stupéfiants et les règlements de comptes qui y sont liés.

Le "Plan stup", qui bénéficiera d'une dotation de dix millions d'euros, prévoit notamment la création au 1er janvier 2020 de l'OFAST, qui remplacera l'Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants créé en 1956.

Basé à Nanterre, près de Paris, l'OFAST sera dirigé par un policier et un magistrat, aura 16 antennes en métropole et outre-mer et disposera de 150 enquêteurs policiers et gendarmes. Il sera secondé par 28 cellules du renseignement opérationnel sur les stupéfiants (CROSS), mêlant policiers, gendarmes et douaniers. Trois autres CROSS sont en cours de création.

La saisie des biens des trafiquants devrait également être facilitée, une mission parlementaire devant prochainement faire des propositions pour améliorer l'efficacité des saisies et confiscations judiciaires. C'est "un outil extrêmement important et extrêmement dissuasif", a dit Nicole Belloubet.

L'usage de stupéfiants sera notamment sanctionné d'une procédure de "sanction forfaitaire" de 200 euros, l'une des mesures de la réforme de la justice votée le 23 mars.

Parmi les autres dispositions annoncées mardi, la création d'une plateforme d'appels pour signaler les "points de vente" présumés de stupéfiants, ainsi qu'une prochaine campagne de prévention.

(Marc Leras, édité par Sophie Louet)