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En Russie, les femmes peuvent désormais conduire des trains

reuters.com  |   |  357  mots
En russie, les femmes peuvent desormais conduire des trains[reuters.com]
(Crédits : Ilya Naymushin)

MOSCOU (Reuters) - Sofia Dorofeyeva a toujours été attirée par les trains qui traversent les vastes étendues de sa Russie natale, mais jusqu'à cette année, les femmes n'avaient pas le droit d'occuper le poste de conducteur.

Depuis le 1er janvier, la Russie a raccourci la liste des emplois interdits aux femmes en raison de leurs exigences physiques ou de leur caractère dangereux, leur permettant ainsi de devenir conductrices de métro, de trains et de camions.

Après avoir obtenu son diplôme en 2020 dans un collège qui forme les travailleurs des transports publics, Sofia Dorofeyeva attendait avec impatience le début de l'année pour devenir conductrice de train assistante.

"Toutes les femmes qui voulaient obtenir ce travail attendaient depuis très longtemps", a déclaré cette jeune femme de 21 ans qui, pendant des années, a dessiné et animé des illustrations de trains et de femmes chefs d'orchestre.

Cela fait déjà plusieurs années que les femmes russes se battent pour accéder à des professions jugées trop exigeantes ou dangereuses par l'État.

En 2009, Anna Klevets, une étudiante de Saint-Pétersbourg, a répondu à une annonce publiée dans le métro appelant les hommes à postuler pour devenir conducteurs assistants de rame.

Sa candidature ayant été rejetée en raison de son genre, Anna Klevets a porté l'affaire devant les tribunaux, puis devant la Cour constitutionnelle en 2012, sans succès.

"J'ai compris que ce serait un long processus", a déclaré Anna Klevets à Reuters. "Mais bien sûr, je ne pensais pas que cela prendrait 10 ans."

Cette dernière s'est déclarée heureuse de voir sa bataille juridique susciter un débat, mais de nombreuses professions, dont certaines nécessitent un recours aux explosifs et aux produits chimiques, restent encore hors de portée des femmes russes.

"Tout devrait être disponible" pour les femmes, a déclaré Anna Klevets. "Parce qu'une femme peut décider seule de ses choix, où elle veut aller, qui elle veut être et ce qu'elle veut faire".

(Anastasia Adasheva avec Gabrielle Tétrault-Farber, version française Kate Entringer, édité par Blandine Hénault)