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Coronavirus : Autriche et Danemark s'associent à Israël pour doper la production de vaccins

reuters.com  |   |  687  mots
Coronavirus: autriche et danemark s'associent a israel pour doper la production de vaccins[reuters.com]
(Crédits : Amir Cohen)

par Francois Murphy et Jacob Gronholt-Pedersen

VIENNE/COPENHAGUE (Reuters) - Frustrés par la lenteur de leur déploiement au sein de l'Union européenne, l'Autriche et le Danemark ont décidé de travailler avec Israël pour produire des vaccins de deuxième génération contre les variants du coronavirus SARS-CoV-2, hors du système mis en place par le bloc communautaire.

Tout en approuvant la décision de l'UE d'acheter des vaccins pour l'ensemble des pays membres, le chancelier autrichien Sebastian Kurz a estimé que l'Agence européenne des médicaments (EMA) avait mis trop de temps à donner son feu vert aux vaccins et critiqué les problèmes d'approvisionnement rencontrés par l'UE auprès des groupes pharmaceutiques.

"Nous devons donc nous préparer à de nouvelles mutations (du virus) et ne plus être dépendants uniquement de l'UE pour la production de vaccins de deuxième génération", a-t-il dit dans un communiqué.

La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a également critiqué le programme de vaccination de l'UE.

"Nous devons augmenter les capacités. C'est pourquoi nous avons à présent l'opportunité d'entamer un partenariat avec Israël", a-t-elle déclaré à la presse lundi.

Priée de dire si l'Autriche et le Danemark souhaitaient prendre une décision unilatérale pour se fournir en vaccins, Mette Frederiksen a répondu: "vous pouvez l'appeler ainsi".

Selon la Commission européenne, les Etats membres sont libres de conclure des contrats distincts avec les laboratoires s'ils le souhaitent.

"Cela ne veut pas dire que la stratégie a échoué ou que cela va à l'encontre de la stratégie, pas du tout", a cependant déclaré le porte-parole de la Commission, Stefan de Keersmaecker.

Sollicitée, une porte-parole de l'EMA n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

COMMANDES DISTINCTES DE VACCINS RUSSES ET CHINOIS

Selon les experts scientifiques, l'Autriche va devoir vacciner chaque année les deux tiers de sa population, soit plus de six millions de personnes, pour se prémunir du COVID-19 dans les années à venir, a ajouté Sebastian Kurz.

Le chancelier autrichien doit se rendre cette semaine en Israël avec la Première ministre danoise afin de faire le point sur la campagne vaccinale en cours dans l'Etat hébreu.

Israël est très en avance sur les autres pays pour la vaccination. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui cherche à se faire réélire lors des élections législatives du 23 mars, a fixé pour objectif que tous les Israéliens de plus de 16 ans aient été vaccinés contre le COVID-19 d'ici la fin mars.

Ni Israël, ni l'Autriche, ni le Danemark n'ont cependant les ressources nécessaires pour accroître significativement la production de vaccins, ce qui suscite des interrogations sur la viabilité de leur projet.

Le chancelier autrichien a invité mardi les laboratoires pharmaceutiques présents en Israël, notamment Pfizer, Valneva, Novartis, Polymun et Boehringer Ingelheim, à discuter de l'initiative mise en place par les trois pays.

Pfizer, qui n'a souhaité faire aucun commentaire sur le sujet, a déclaré qu'il produirait deux milliards de doses de son vaccin cette année, dont 70% dans l'UE. Le laboratoire américain a ajouté avoir mené des recherches approfondies sur leur efficacité contre les variants du coronavirus.

Un nombre croissant de pays de l'UE ont déjà passé commandes, de manière distincte, pour des vaccins en provenance de Russie et de Chine alors qu'ils n'ont pas encore été homologués par l'EMA.

La Slovaquie a dit lundi avoir commandé deux millions de doses du vaccin russe Spoutnik V, dont un million de doses devrait être livré ce mois-ci.

La République tchèque envisage également de commander le vaccin russe.

La Hongrie, quant à elle, a pris livraison d'un vaccin mis au point par le chinois Sinopharm.

Les trois vaccins actuellement autorisés par l'UE sont ceux du duo Pfizer/BioNTech, de Moderna et d'AstraZeneca.

(avec Gabriela Baczynska à Bruxelles, Ludwig Burger à Francfort, Robert Muller et Jason Hovet à Prague; rédigé par Douglas Busvine et Caroline Copley; version française Jean-Stéphane Brosse et Claude Chendjou, édité par Jean-Michel Bélot)