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La Russie affirme contrôler la région de Louhansk après la prise de Lyssytchansk

reuters.com  |   |  927  mots
La russie affirme controler la region de louhansk apres la prise de lyssytchansk[reuters.com]
(Crédits : Alexander Ermochenko)

par Tom Balmforth, Max Hunder et Simon Lewis

KYIV/KONSTYANTYNIVKA, Ukraine (Reuters) - La Russie a annoncé dimanche avoir pris le contrôle total de la région de Louhansk, dans l'est de l'Ukraine, après que son armée, appuyée par des forces séparatistes pro-russes, s'est emparée de la ville de Lyssytchansk.

Les Ukrainiens disent s'être retirés d'eux-mêmes de la ville de Lyssytchansk pour sauver la vie de leurs hommes.

L'armée russe, avec le soutien des forces séparatistes locales, concentre ses opérations sur les provinces de Louhansk et Donetsk, dans le Donbass (Est), pour en déloger les forces ukrainiennes.

Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a informé le président Vladimir Poutine de la "libération" de la région de Louhansk, dans l'est de l'Ukraine, par l'armée russe et les forces séparatistes pro-russes locales, ont annoncé ses services dimanche.

Le ministère russe avait auparavant indiqué, via l'agence Tass, que les troupes russes avaient conquis Lyssytchansk, dernier bastion des forces ukrainiennes dans l'est de l'Ukraine, et les villages alentour.

Les forces ukrainiennes ont dit qu'elles avaient été forcées de se retirer. "Continuer de défendre la ville aurait eu des conséquences fatales. Pour préserver la vie des combattants ukrainiens, la décision a été prise de se retirer", ont-elles dit dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Les autorités ukrainiennes, pour qui l'utilisation du mot "libération" pour qualifier la prise de Lyssytchansk constitue de la propagande russe, ont fait état d'un important déploiement de barrages d'artillerie dans les zones résidentielles.

"Ce n'est pas une trahison ! Quand vous écrivez - 'ils se sont rendus, ont laissé tombé, ont abandonné', pensez d'abord et surtout au chemin à parcourir pour la victoire, aux soldats qui défendent la ville, certains au prix de leur vie", a écrit le gouverneur de la région de Luhansk, Serhiy Haidai, sur Telegram.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a promis dimanche de reprendre le contrôle de la zone grâce à la livraison de nouvelles armes.

L'armée russe s'est emparée en juin de Sievierodonetsk, sur la rive opposée de la Donets, après de violents combats.

Le maire de Sloviansk, autre ville de l'Est, a rapporté sur Telegram que six personnes avaient été tuées par des bombardements russes dimanche. Vadim Lyakh affirme que les tirs de roquettes, très violents, ont provoqué une quinzaine d'incendies.

La porte-parole de l'administration régionale de Donetsk, Tetiana Ihnatchenko, a dit dans des médias ukrainiens que 15 personnes avaient été blessées dans l'attaque.

TROIS MORTS à BELGOROD

Le ministère russe de la Défense a également fait état dimanche de frappes russes sur des infrastructures militaires à Kharkiv, dans le nord-est du pays.

Dans la ville russe de Belgorod, à environ 70 km de Kharkiv, le gouverneur Viatcheslav Gladkov a dit sur Telegram qu'au moins trois personnes avaient été tuées et des dizaines d'habitations détruites dimanche dans de violentes explosions.

Il a ajouté qu'au moins quatre personnes avaient été blessées et deux hospitalisées, dont un garçon de 10 ans, dans cette ville de quelque 400.000 habitants à une quarantaine de kilomètres au nord de la frontière ukrainienne.

Au moins 11 immeubles résidentiels et 39 maisons ont été endommagés, a-t-il précisé.

Andreï Klishas, membre du Conseil de la Fédération de Russie, a dénoncé des bombardements ukrainiens et appelé à une ferme riposte.

"La mort de civils et la destruction d'infrastructures civiles à Belgorod est une agression directe de la part de l'Ukraine et impose la plus sévère des réponses - y compris militaire", a-t-il écrit sur Telegram.

Les autorités ukrainiennes n'avaient pas réagi dans l'immédiat et Reuters n'a pu vérifier de façon indépendante les déclarations russes.

Depuis le début de l'invasion russe en Ukraine le 24 février, Moscou a accusé Kyiv de plusieurs attaques sur Belgorod et les régions à la frontière ukrainienne.

BOMBARDEMENTS SUR MIKOLAÏV

L'armée ukrainienne a par ailleurs bombardé une base militaire russe dans la ville occupée de Melitopol, dans le sud de l'Ukraine, a dit le maire - exilé - de la ville, Ivan Fedorov, dans une vidéo postée sur Telegram.

Le chef d'état-major des forces armées ukrainiennes a déclaré que l'aviation ukrainienne avait effectué une quinzaine de sorties sur des points de conflit et "qu'une vingtaine d'unités d'équipement ennemi et deux dépôts de munitions" avaient été détruits.

A Melitopol, dans l'oblast de Zaporijjia, l'armée ukrainienne a mené une trentaine de frappes, selon Ivan Fedorov.

L'agence russe RIA rapporte des frappes ukrainiennes sur la zone de l'aérodrome, sans préciser la nature des cibles.

Evgueni Balitsky, dirigeant du conseil pro-russe de la région de Zaporijjia, a affirmé sur Telegram que les frappes avaient visé l'aérodrome et n'avaient pas fait de blessés. Plusieurs maisons voisines ont été endommagées, a-t-il dit.

Reuters n'a pu vérifier ces informations de façon indépendante.

Dans le Sud, l'armée russe affirme avoir bombardé des postes de commande de l'armée ukrainienne à Mykolaïv, une ville proche du port stratégique d'Odessa, sur la mer Noire.

"Les occupants russes mènent des attaques à la roquette", a déclaré dimanche le chef d'état-major des forces armées ukrainiennes.

(Reportage Bureaux de Reuters, rédigé par Lincoln Feast, version française Sophie Louet)