Le Japon fait ses adieux à Shinzo Abe lors de funérailles nationales

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Le premier ministre japonais fumio kishida s'incline devant l'autel lors des funerailles nationales de l'ancien premier ministre japonais shinzo abe[reuters.com]
(Crédits : Kim Kyung-Hoon)

par Kiyoshi Takenaka et Elaine Lies

TOKYO (Reuters) - Le Japon a rendu hommage mardi à son ancien Premier ministre Shinzo Abe, tué par balles en juillet dernier à 67 ans lors d'un meeting électoral, au cours de funérailles nationales très controversées.

Les funérailles de l'ancien dirigeant ont débuté à 14h00 heures locales (05h00 GMT). Dix-neuf coups de canon de la garde d'honneur ont retenti lors que son épouse Akie, vêtue d'un kimono noir, a déposé l'urne funéraire au Nippon Budokan, le lieu de la cérémonie, dans le centre de Tokyo.

En quelques heures, des milliers de personnes ont déposé des gerbes de fleurs et se sont recueillies devant le portrait du défunt, selon des images diffusées à la télévision.

"Tu as toujours dit que tu voulais rendre le Japon meilleur, que tu voulais que les jeunes aient de l'espoir et de la fierté", a déclaré la voix tremblante Yoshihide Suga, qui avait succédé à Shinzo Abe au poste de Premier ministre avant la nomination de Fumio Kishida.

L'assassinat de Shinzo Abe le 8 juillet, alors qu'il faisait campagne pour les sénatoriales dans l'ouest du Japon, a entraîné une série de révélations sur les liens entre l'Eglise de l'Unification, connue aussi sous le nom de secte Moon, et les élus du Parti libéral démocrate, dirigé par l'actuel Premier ministre Fumio Kishida, dont la cote de popularité est au plus bas.

Celui-ci a promis de couper les liens du parti avec l'organisation religieuse.

La tenue de funérailles nationales, les premières pour un ancien Premier ministre depuis 1967, est loin d'avoir fait l'unanimité, d'autant que la facture de cet événement représente un coût équivalant à près de 12 millions d'euros, à la charge de l'Etat, à un moment où les citoyens souffrent de la crise économique.

Fumio Kishida a expliqué que cette décision était une façon d'honorer les accomplissements de l'ancien dirigeant et de défendre la démocratie.

Trente pour cent des personnes interrogées étaient favorables à l'organisation de funérailles nationales d'après un récent sondage, 54% étaient contre.

Dans un quartier du centre de Tokyo, des manifestants ont brandi des pancartes en scandant "Pas de funérailles nationales".

Environ 4.300 personnes ont participé à la cérémonie parmi lesquelles au moins 48 personnalités politiques, dont la vice-présidente américaine Kamala Harris et le Premier ministre indien Narendra Modi.

L'ambassadeur de Russie au Japon, Mikhaïl Galouzine, était également présent.

(Avec Irene Wang, Issei Kato, David Dolan et Chang-Ran Kim; rédigé par Elaine Lies, version française Laetitia Volga, édité par Jean-Stéphane Brosse et Sophie Louet)

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