EDF : L'Etat déposera mardi son offre de rachat des minoritaires, selon des sources

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Le siege d'edf dans le quartier de la defense a paris[reuters.com]
(Crédits : Benoit Tessier)

PARIS (Reuters) - L'Etat va déposer mardi auprès de l'Autorité des marchés financiers (AMF) son offre publique d'achat simplifiée des quelque 16% du capital du groupe qu'il ne détient pas encore, a-t-on appris mardi auprès d'une source au fait du processus.

Le projet de renationalisation complète et de retrait de la cote d'EDF, pour un montant total de 9,7 milliards d'euros, devra ensuite recevoir le feu vert de l'AMF dans un délai de trois semaines après un avis du conseil d'administration de l'entreprise, qui sera formulé sur la base du rapport d'un expert indépendant.

L'offre de rachat des minoritaires, dont le dépôt était envisagé initialement pour début septembre mais qui a pris du retard, doit donner à l'exécutif les coudées franches pour diriger EDF en pleine crise, le groupe ayant lancé de multiples avertissements sur ses résultats liés à la baisse de sa production nucléaire et aux décisions du gouvernement pour limiter les tarifs de l'électricité.

L'opération intervient en outre au moment où l'Etat va devoir donner à EDF les moyens financiers de mener à bien le programme de construction en France de six réacteurs nucléaires de type EPR2, avec la possibilité de huit réacteurs supplémentaires, annoncée en février par Emmanuel Macron.

Le chef de l'Etat envisage par ailleurs de nommer Luc Rémont au poste de PDG d'EDF en remplacement de Jean-Bernard Lévy, a annoncé jeudi l'Elysée.

EDF, dont l'Etat propose de racheter le solde du capital à un prix de 12 euros par action - avec également une offre de 15,64 euros pour chaque obligation convertible (Oceane) qu'il ne détient pas - est confronté depuis plusieurs mois à une disponibilité historiquement basse de son parc nucléaire, en raison d'opérations de maintenance et de problèmes de corrosion.

Cette situation, qui a donné lieu ces dernières semaines à une passe d'armes indirecte entre Jean-Bernard Lévy et Emmanuel Macron, a contribué à maintenir les prix de l'électricité à des niveaux record alors que l'Europe cherche à se passer du gaz naturel russe. Elle a fait de la France, habituellement plus grosse exportatrice d'électricité de la région, une importatrice nette.

Certains experts estiment que les prévisions de redémarrages de réacteurs d'EDF d'ici à l'hiver risquent de se révéler trop optimistes et que la France pourrait dans ce cas être contrainte de rationner les consommations d'électricité pour satisfaire ses propres besoins.

(Reportage Benjamin Mallet, avec Leigh Thomas, édité par Kate Entringer)

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