Onu : Le Conseil des droits de l'homme refuse de débattre du Xinjiang

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Photo d'archives du logo de l'onu[reuters.com]
(Crédits : Carlo Allegri)

GENEVE (Reuters) - Le Conseil des droits de l'homme de l'Onu a rejeté jeudi une motion défendue par des pays occidentaux réclamant l'organisation d'un débat sur la situation dans le Xinjiang après la publication fin août d'un rapport onusien sur de possibles crimes contre l'humanité dans cette région de l'ouest de la Chine.

La motion a été rejetée par 19 voix contre 17. C'est seulement la deuxième fois en 16 années d'existence du Conseil des droits de l'homme de l'Onu qu'une motion est rejetée.

Ce vote est perçu par certains observateurs comme un double revers, à la fois pour la lutte contre l'impunité en matière de violations des droits humains à travers le monde et pour la volonté des pays occidentaux de faire prévaloir leur vision en la matière.

L'annonce du résultat du vote a même été saluée par une rare salve d'applaudissements dans l'enceinte bondée du conseil à Genève.

Le représentant chinois auprès de l'instance avait déclaré juste avant le vote que cette motion, défendue notamment par les Etats-Unis, créerait un "dangereux" précédent susceptible d'avoir des conséquences pour d'autres pays que la Chine.

"Aujourd'hui, la Chine est visée. Demain, n'importe quel autre pays en développement sera visé", a dit Chen Xu.

Le Haut Commissariat des droits de l'homme des Nations unies a publié fin août un rapport dans lequel il conclut que de "graves violations des droits de l'homme" sont commises à l'encontre des Ouïghours et d'"autres communautés majoritairement musulmanes" dans le Xinjiang.

"Les allégations de pratiques de torture ou de mauvais traitements, notamment de traitements médicaux forcés et de mauvaises conditions de détention, sont crédibles, tout comme les allégations d'incidents individuels de violences sexuelles et sexistes", est-il écrit dans ce rapport.

Le Haut Commissariat juge aussi que l'ampleur des détentions arbitraires à l'encontre des Ouïghours et d'autres personnes peuvent constituer "des crimes internationaux, en particulier des crimes contre l'humanité".

La Chine dément toute atteinte aux droits humains dans le Xinjiang.

(Reportage Emma Farge, version française Bertrand Boucey, édité par Matthieu Protard)

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