L'Iran dit que le calme est revenu à la prison d'Evin, quatre morts dans un incendie
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Une gardienne de prison se tient le long d'un couloir de la prison d'Evin à Téhéran
Morteza Nikoubazl
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Une gardienne de prison se tient le long d'un couloir de la prison d'Evin à Téhéran
Morteza Nikoubazl
par Parisa Hafezi
DUBAI (Reuters) - La télévision d'Etat iranienne a diffusé dimanche des images semblant montrer que le calme était revenu à la prison d'Evin, à Téhéran, à la suite d'un incendie la veille au soir, sur fond de contestation persistante contre le pouvoir un mois après la mort en détention de Mahsa Amini.
L'agence de presse officielle Irna, citant l'appareil judiciaire iranien, a fait état de quatre morts et 61 blessés parmi les détenus en raison de cet incendie.
D'après les autorités iraniennes, un atelier a été incendié "à la suite d'une bataille entre un certain nombre de prisonniers condamnés pour des délits financiers et des vols".
Les images diffusées dimanche montrent des pompiers inspectant un atelier endommagé jusqu'au toit par des flammes. On peut aussi voir des détenus dans leurs cellules "dormir tandis que le calme a été rétabli".
Des vidéos obtenues par Reuters montrent des manifestants marcher au milieu de la circulation en direction de la prison d'Evin samedi soir et aux premières heures de dimanche.
Cet établissement est connu pour enfermer des détenus de droit commun mais aussi des personnes considérées comme des prisonniers politiques par des organisations occidentales de défense des droits humains. Parmi elles figurent plusieurs Français, selon le Quai d'Orsay, dont l'anthropologue franco-iranienne Fariba Abdelkhah.
"La France a suivi et continue de suivre avec la plus grande attention cette situation, en lien avec les familles de nos détenus", a déclaré le ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué, en référence à cet incendie.
"Elle rappelle une nouvelle fois aux autorités iraniennes qu'elles sont responsables de la sécurité et de la santé de nos compatriotes détenus en Iran", a-t-il ajouté, en réitérant la demande de "libération immédiate" des Français détenus "arbitrairement" dans ce pays.
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Les organisations de défense des droits humains estiment qu'au moins 240 manifestants, dont 32 mineurs, ont été tués dans la répression du mouvement de contestation né de la mort en détention de Mahsa Amini, une Kurde de 22 ans arrêtée par la police des moeurs pour attitude inconvenante.
Plus de 8.000 personnes ont été arrêtées dans 111 villes, a rapporté samedi HRANA, un média proche de l'opposition.
L'Iran, qui attribue ces troubles à des ennemis de l'intérieur et des forces étrangères, dément que les forces de sécurité aient tué des manifestants. Les médias officiels ont rapporté samedi qu'au moins 26 membres des forces de sécurité avaient été tués par des "émeutiers".
Au cours d'un déplacement samedi dans l'Oregon, le président américain Joe Biden a salué le courage des manifestants en Iran et a dénoncé un régime iranien "si oppressif".
Le ministère iranien des Affaires étrangères a qualifié ces propos d'ingérence.
(Reportage Parisa Hafezi, version française Bertrand Boucey)
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