France : Caroline Cayeux démissionne en raison d'un désaccord avec la HATVP

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La ministre deleguee aux collectivites territoriales caroline cayeux[reuters.com]
(Crédits : Benoit Tessier)

PARIS (Reuters) - Emmanuel Macron a mis fin lundi, à sa demande, aux fonctions de la ministre déléguée aux Collectivités territoriales Caroline Cayeux, annonce l'Elysée.

Elle est remplacée par Dominique Faure, qui était jusqu'à présent secrétaire d'Etat chargée de la ruralité.

"Sur la proposition de la Première ministre, le président de la République a, sur sa demande, mis fin aux fonctions de Mme Caroline Cayeux, ministre déléguée auprès du ministre de l'intérieur et des outre-mer et du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargée des collectivités territoriales", peut-on lire.

Dans un communiqué qui a suivi l'annonce de la présidence, Caroline Cayeux explique avoir pris la décision de démissionner en raison d'un désaccord avec la Haute autorité de la vie publique (HATVP) sur sa déclaration de patrimoine.

L'ex-sénatrice et ex-maire divers droite de Beauvais (Oise)explique que la HATVP juge sa déclaration de patrimoine "sous-évaluée".

"J'ai donc bien évidemment tenu compte de ses observations et me suis alignée sur ses évaluations dans un courrier en date du 21 novembre. En dépit de cela, la Haute autorité pour la transparence de la vie publique persiste à mettre en doute ma sincérité", écrit-elle.

"Dans ce contexte, il m'a semblé préférable de démissionner afin de ne pas gêner l'action du gouvernement", ajoute-t-elle.

La Première ministre avait renouvelé sa confiance à cette transfuge de la droite après sa nomination le 4 juillet à la suite de vives critiques à son endroit, y compris au sein du gouvernement, pour des déclarations hostiles aux couples de même sexe.

Public Sénat avait alors demandé à Caroline Cayeux si elle confirmait des propos tenus en 2013 sur la loi Taubira autorisant le mariage et l'adoption pour les couples de même sexe. Elle avait parlé de réformes "de caprice" et d'un "dessein qui va contre la nature".

La ministre avait suscité le trouble en maintenant ses dires, assortis de cette remarque : "Je dois vous dire quand même, j'ai beaucoup d'amis parmi ces gens-là. Franchement, c'est un mauvais procès qu'on me fait et ça m'a beaucoup contrariée."

"Je fais partie de ces gens-là", avait répliqué Clément Beaune, ministre délégué aux Transports, déplorant des "propos extrêmement blessants".

Des associations de lutte contre l'homophobie avaient déposé plainte contre la ministre.

(Rédigé par Nicolas Delame et Sophie Louet, édité par Blandine Hénault)

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