L'Onu enquête sur les attaques russes contre les infrastructures

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Des habitants marchent pres d'un batiment residentiel endommage par un tir de missile russe, pres de la ville de chuhuiv, dans la region de kharkiv[reuters.com]
(Crédits : Stringer)

par Emma Farge

GENEVE (Reuters) - Des enquêteurs mandatés par les Nations unies examinent l'impact des attaques russes contre les infrastructures stratégiques en Ukraine pour chercher à savoir si elles pourraient être assimilables à des crimes de guerre, a déclaré vendredi un membre de l'équipe d'inspection.

Les missiles russes ciblent depuis début octobre les installations électriques de l'Ukraine, provoquant de vastes pannes et privant des millions d'habitants de chauffage.

Moscou affirme que ces raids ne visent pas les civils et ont pour objectif de réduire les capacités de combat de l'Ukraine et de l'amener à négocier. Kyiv dénonce des crimes de guerre contre la population civile.

"Une partie des analyses que nous menons actuellement (...) vise à déterminer si ces attaques constituent des crimes de guerre", a déclaré Pablo de Greiff, qui s'exprimait de Kyiv, lors d'une conférence de presse.

Si c'est le cas, la mission d'enquête s'efforcera d'apporter sa contribution afin que ces crimes ne restent pas impunis, a-t-il dit.

La mission d'enquête, composée de trois membres et créée par le Conseil des droits de l'Homme de l'Onu en mars dernier, a déjà conclu que la Russie avait commis des crimes de guerre dans des zones occupées par ses forces en Ukraine. Moscou rejette ces accusations.

Selon Jasminka Džumhurs, autre membre de la mission, les enquêteurs de l'Onu ont interviewé des mères ukrainiennes et sont particulièrement préoccupés par l'impact des attaques sur les droits des enfants.

Beaucoup ne peuvent se rendre dans leur école, endommagée ou détruite, et les coupures de courant perturbent les cours en ligne, a-t-elle déclaré.

"Ces événements ont des conséquences désastreuses pour un grand nombre de personnes", a ajouté le président de la mission d'enquête, Erik Møse. "Cela va sans dire que c'est quelque chose que nous examinons."

La mission recueille des éléments qu'elle présentera devant le Conseil de Genève en mars prochain, ont déclaré les membres de l'équipe.

Des preuves recueillies lors de précédentes investigations mandatées par le Conseil des droits de l'Homme ont été utilisées devant des tribunaux nationaux et internationaux.

(Reportage Emma Farge, version française Jean-Stéphane Brosse)

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