Turquie: Erdogan accuse l'opposition de travailler avec Biden pour le battre
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Des bannières du président turc Tayyip Erdogan et de Kemal Kilicdaroglu
CAGLA GURDOGAN
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Des bannières du président turc Tayyip Erdogan et de Kemal Kilicdaroglu
CAGLA GURDOGAN
ISTANBUL (Reuters) - Recep Tayyip Erdogan a lancé une nouvelle salve d'accusations contre l'opposition turque samedi, à la veille du premier tour de l'élection présidentielle, en l'accusant de travailler avec le président américain Joe Biden pour le renverser.
Les sondages montrent que le président turc pourrait perdre face à Kemal Kiliçdaroglu, candidat de l'opposition, peut-être même dès dimanche soir si ce dernier devait obtenir plus de 50% des voix, une situation inédite pour Tayyip Erdogan depuis qu'il est arrivé au pouvoir il y a 20 ans.
Dans ce contexte, le dirigeant islamo-conservateur, affaibli par la crise économique qui frappe la Turquie et la gestion du double séisme dévastateur de février dans le sud du pays, a multiplié les attaques virulentes contre ses adversaires.
Samedi, en meeting à Istanbul, il s'est appuyé sur une déclaration faite en janvier 2020 par Joe Biden, à l'époque où il était candidat à la Maison blanche, qui avait invité les opposants d'Erdogan à le battre dans les urnes, plutôt qu'à se laisser tenter par une nouvelle tentative de coup d'Etat.
"Biden a donné l'ordre de renverser Erdogan, je le sais. Tous mes électeurs le savent", a affirmé le président turc, bien que les Etats-Unis n'aient pas pris position dans la campagne électorale en cours.
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Erdogan, 69 ans, a accusé l'opposition turque d'être prête à se soumettre à l'Occident et il a reproché à Kiliçdaroglu, 74 ans, d'avoir critiqué la Russie, qu'il a présentée comme "un de nos plus importants alliés en matière agricole".
Le candidat de l'opposition a dit vendredi à Reuters que son parti avait des "preuves concrètes" que Moscou avait diffusé en ligne des contenus mensongers pour tenter d'aider le président turc à remporter un nouveau mandat, sans toutefois présenter ces preuves.
Kiliçdaroglu, qui se présente en héritier de Mustafa Kemal Atatürk, fondateur de la Turquie laïque moderne, a cependant assuré qu'en cas d'élection, il s'emploierait à maintenir de bonnes relations avec la Russie.
(Reportage d'Ali Kucukgocmen, version française Tangi Salaün)
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