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Niger-La Cédéao lance un ultimatum à la junte, la France appelle à la fin des violences

reuters.com

Publié le 30 juillet 2023 à 09:10 - Mis à jour le 18 décembre 2024 à 18:51

Vue aerienne de niamey

Certains vols munis d'autorisations spéciales ont toutefois pu continuer à desservir l'aéroport de Niamey, la capitale du pays.

STRINGER

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Photo d'illustration de l'article
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NIAMEY/ABUJA (Reuters) -Réunis en sommet, les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) ont adressé dimanche un ultimatum à la junte ayant mené un putsch au Niger, lui donnant une semaine pour remettre le pouvoir au président qu'elle a évincé, sous peine d'un possible emploi de la force.

Alors que la junte nigérienne avait mis plus tôt en garde contre toute intervention armée dans le pays, le Premier ministre nigérien Ouhoumoudou Mahamadou s'est dit "satisfait" de la réaction de la Cédéao, qu'il a qualifiée de "logique", estimant que rien dans la situation du pays ne justifiait un coup d'Etat.

Le ministère français des Affaires étrangères a déclaré que la France "saluait" les décisions prises par les chefs d'Etat de la Cédéao "qui demandent le retour immédiat à l'ordre constitutionnel au Niger, autour du président Mohamed Bazoum, élu par les Nigériens".

Paris "soutient les sanctions économiques et financières décidées à l'appui de ces demandes", a ajouté le Quai d'Orsay dans un communiqué.

L'Union africaine a demandé vendredi, à l'issue d'une réunion d'urgence, que les militaires nigériens retournent dans leurs casernes et rétablissent l'ordre constitutionnel dans un délai de 15 jours.

Voisin oriental du Niger et non-membre des deux organisations régionales, le Tchad a été invité au sommet de la Cédéao, selon un communiqué publié samedi par les services du président Mahamat Déby, qui a pris dimanche la direction de Niamey pour une tentative de médiation avec la junte nigérienne.

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Le coup d'État militaire au Niger a été largement condamné par ses voisins et ses partenaires internationaux, qui ont refusé de reconnaître les nouveaux dirigeants et ont exigé que Mohamed Bazoum soit rétabli dans ses fonctions.

Mohamed Bazoum n'a donné aucune nouvelle depuis le début de la journée de jeudi, date à laquelle il a été confiné dans le palais présidentiel. L'Union européenne, la France et d'autres pays affirment toujours le reconnaître comme le président légitime.

Au cours d'un entretien donné dimanche à France 24, le chef du gouvernement nigérien a déclaré que Mohamed Bazoum "se porte bien".

SÉCURITÉ RENFORCÉE À L'AMBASSADE DE FRANCE

Ouhoumoudou Mahamadou a dit par ailleurs qu'il restait optimiste sur une issue à la crise. "C'est un pays qui ne pourra pas résister à ce genre de sanctions. Sur le plan économique, ce sera une catastrophe. Sur le plan social, ce sera une catastrophe", a-t-il estimé, citant l'importance des aides internationales.

Il a souligné l'engagement de l'ancien président Mahamadou Issoufou dans le processus de médiation, ajoutant que l'implication de Mahamat Déby pourrait aussi permettre d'aboutir à une solution "positive".

Parmi les pays les plus pauvres du monde, le Niger reçoit près de 2 milliards de dollars par an d'aide publique au développement, selon la Banque mondiale.

Il est également un partenaire de sécurité de la France et des États-Unis, qui l'utilisent tous deux comme base pour lutter contre l'insurrection islamiste dans la région du Sahel, en Afrique occidentale et centrale.

A la suite du putsch, l'UE et la France ont interrompu leur soutien financier au Niger tandis que les États-Unis ont menacé de faire de même.

Samedi soir, avant le sommet de la Cédéao, les chefs militaires nigériens ont mis en garde, dans une déclaration lue à la télévision nationale, contre toute intervention militaire.

"L'objectif de la réunion (de la Cédéao) est d'approuver un plan d'agression contre le Niger par une intervention militaire imminente à Niamey en collaboration avec d'autres pays africains non membres de la Cédéao et certains pays occidentaux", a dénoncé le porte-parole de la junte.

"Nous voulons rappeler une fois de plus à la Cédéao ou à tout autre aventurier, notre ferme détermination à défendre notre patrie", a ajouté le colonel Amadou Abdramane.

La junte a publié un second communiqué samedi soir invitant les citoyens de la capitale à descendre dans les rues dimanche à partir de 07h00 heure locale (06h00 GMT) pour protester contre la Cédéao et manifester leur soutien aux nouveaux dirigeants militaires.

Cette manifestation a donné lieu notamment à des tensions devant l'ambassade de France, cible de jets de pierres.

La ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, a souligné l'extrême vigilance de Paris pour la sécurité des ressortissants français.

S'exprimant sur RTL, elle a indiqué que les quelque 500 à 600 ressortissants français au Niger ont "tous été contactés", ajoutant qu'il n'y avait pas pour l'heure de "décision d'évacuation".

Plus tôt dans la journée, l'Elysée a fait savoir que le président Emmanuel Macron ne tolérera aucune attaque contre la France et ses intérêts au Niger, prévenant le cas échéant d'une réponse "immédiate et intraitable".

"La France appelle à la fin des violences inacceptables constatées ce jour", a déclaré le Quai d'Orsay dans son communiqué, rappelant les obligations "qui incombent à tous" pour protéger les représentations diplomatiques et les résidents étrangers.

"Des mesures de renforcement de la sécurité de notre ambassade ont été prises ce jour", a-t-il ajouté.

(Reportage Boureima Balima et Moussa Aksar, rédigé par Nicolas Delame et Jean Terzian)

reuters.com

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