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OpinionsACT 50

France : Les agriculteurs dans l'attente d'actes du gouvernement

reuters.com

Publié le 22 janvier 2024 à 13:29 - Mis à jour le 18 décembre 2024 à 17:46

Un agriculteur conduit son tracteur a divatte-sur-loire

entre 1970 et 2020, la superficie agricole utile moyenne a été multiplié par plus de trois, en passant de 19 à 69 hectares. Elle pourrait dépasser les 90 hectares en 2035.

STEPHANE MAHE

Le Quotidien Numérique

04 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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PARIS (Reuters) - Les syndicats agricoles ont dit attendre des actes de la part du Premier ministre Gabriel Attal lors d'une réunion d'environ deux heures lundi soir à Matignon, alors que la colère grandissante des agriculteurs qui menace d'étendre leur mouvement au niveau national.

Les agriculteurs protestent notamment contre la précarisation de leur activité, la multiplication des normes et les différences de traitement par rapport à d'autres pays extra-européens.

Le Premier ministre Gabriel Attal a reçu en début de soirée à Matignon les représentants de la FNSEA, le premier syndicat agricole, et le président des Jeunes Agriculteurs, venus "poser au Premier ministre ce qu'est la réalité et ce que vivent les agriculteurs".

"On ne se contentera pas de mots, les agricultures attendent des actes précis, on attend que le Premier ministre fasse des déclarations dans la semaine pour faire bouger les lignes sensiblement et montrer aux agriculteurs que ce ne sont pas que des mots", a déclaré Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, dans la cour de Matignon.

Pour montrer leur mécontentement, les agriculteurs ont mené des manifestations dans l'hexagone affectant les conditions de circulation des autoroutes A64, A62, A20, A66 et A9, selon le compte X de Vinci Autoroutes.

Arnaud Rousseau a déclaré que les actions se poursuivraient tant qu'il n'y aura pas d'actes.

"Nous avons eu des remontées de tous les départements nous indiquant que dans certains jours de la semaine, de manière ponctuelle ou plus durable, ils renteraient en action", a déclaré le président de la FNSEA.

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Vendredi, la FNSEA avait dit étudier la possibilité d'un mouvement de protestation nationale dans les semaines à venir alors que le Salon de l'Agriculture se tiendra à Paris du 24 février au 4 mars.

Marc Fesneau, le ministre de l'Agriculture, a indiqué que le gouvernement allait réagir dès cette semaine, à la sortie de la réunion avec les syndicats agricoles.

"Le Premier ministre a souhaité que, très rapidement (...) dans les prochains jours, on puisse apporter des réponses, et je le dis bien, c'est une question de jours", a-t-il déclaré, ajoutant que Gabriel Attal avait émis son envie de se rendre sur le terrain pour aller de nouveau à la rencontre des agriculteurs.

A quelques mois des élections européennes, le gouvernement tente de réagir face à la grogne croissante des agriculteurs qui mènent depuis plusieurs jours des actions localisées de protestation et qui menacent d'étendre leur mouvement au niveau national dans les semaines à venir.

Tout au long du week-end, les membres du gouvernement, dont le Premier ministre, se sont déplacés sur le terrain pour tenter de répondre à la colère des agriculteurs.

Lundi, les accès de la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne) ont été bloqués par des agriculteurs. Dans un communiqué, EDF a précisé que le personnel nécessaire aux activités de la centrale pouvait accéder au site et que la production n'était pas pénalisée.

ENJEU DES EUROPÉENNES

Le ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, a promis dans un entretien au Midi Libre que "tout ce que l'on peut régler tout de suite, on va le régler".

En déplacement en Vendée ce lundi, il évoque notamment un dispositif d'aide pour la maladie hémorragique épizootique et des fonds spécifiques pour l'hydraulique agricole.

La colère paysanne, qui s'exprime aussi dans d'autres pays européens comme l'Allemagne et les Pays-Bas, est un sujet sensible pour l'exécutif alors que le Rassemblement national (RN) a fait de l'agriculture l'une des priorités de sa campagne européenne.

"Cette colère, elle est légitime, parce que c'est l'expression d'incompréhensions mais également de revendications", a réagi sur Europe 1 et CNews la porte-parole du gouvernement, Prisca Thévenot.

Le président du RN, Jordan Bardella, a réclamé vendredi un "état d'urgence" sur le sujet à l'issue d'une rencontre avec Gabriel Attal.

Pour les élections du 9 juin, les sondages donnent au RN une avance d'une dizaine de points sur le camp d'Emmanuel Macron.

(Rédigé par Blandine Hénault et Zhifan Liu, avec les contributions de Forrest Crellin, Nicolas Delame et Diana Mandia)

reuters.com

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