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OpinionsACT 50

France/Législatives: "Confiance" du RN face au "front républicain", pas de consigne de vote d'Attal

reuters.com

Publié le 03 juillet 2024 à 10:55 - Mis à jour le 18 décembre 2024 à 16:52

Affiches des elections europeennes du parti d'extreme droite francais, le rassemblement national (rn)

Affiches des élections européennes du parti d'extrême droite français, le Rassemblement national (RN)

Gonzalo Fuentes

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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PARIS (Reuters) - La cheffe de file du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, a exprimé mercredi soir sa "confiance" à l'égard du second tour des élections législatives anticipées en France, alors que la coalition présidentielle et l'alliance de gauche tentent d'organiser un large "front républicain" face au parti d'extrême droite, en tête du premier tour du scrutin dimanche dernier.

A quatre jours du second tour des élections, la question d'une éventuelle "grande coalition" face au RN fait débat au sein du camp présidentiel Ensemble pour la République et de l'alliance de gauche du Nouveau Front populaire (NFP).

Des dizaines d'élus se sont désistés pour le second tour là où le parti d'extrême droite pourrait l'emporter, une stratégie de retrait s'inscrivant dans une volonté plus large de faire barrage au RN.

Le parti d'extrême droite est crédité au second tour d'un total de sièges compris entre 190 et 220, selon un sondage Toluna Harris Interactive pour Challenges, M6 et RTL. Il s'agirait d'un résultat insuffisant au RN pour disposer de la majorité absolue de 289 sièges à l'Assemblée nationale, un objectif que le parti juge nécessaire pour gouverner.

"On ne peut pas gouverner si on n'a pas la majorité absolue", a répété mercredi Marine Le Pen lors du journal télévisé de 20 Heures de TF1. "Nous sommes les seuls à pouvoir offrir une perspective à la France", a-t-elle ajouté, exprimant son optimisme sur l'issue du second tour du scrutin.

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"Je suis très confiante. Les Français ont un vrai désir de changement", a dit la cheffe de file du RN.

D'après le décompte de plusieurs médias sur la base de données du ministère de l'Intérieur, plus de 200 désistements ont été enregistrés, conduisant à 89 "triangulaires" et deux "quadrangulaires" au second tour du scrutin.

"EXAMEN DE CONSCIENCE"

Face à la perspective d'une Assemblée nationale dominée par le RN, la question d'une éventuelle "grande coalition" anime les conversations dans les rangs du NFP et de l'alliance présidentielle.

Il serait "terrible pour le pays" que le RN obtienne la majorité absolue, a déclaré mercredi soir Gabriel Attal lors d'une émission spéciale sur BFM TV à laquelle participaient aussi, tour à tour, la secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Marine Tondelier, et le président du RN, Jordan Bardella.

Regrettant, comme Marine Tondelier, qu'il s'agisse d'entretiens individuels et non d'un débat, citant un refus de Jordan Bardella de faire face à ses "incohérences", le locataire de Matignon a souligné que toute la classe politique devait faire son "examen de conscience".

Dès dimanche soir, il a appelé à "bâtir entre forces républicaines des majorités de projets et d'idées", renonçant dans la foulée à mettre en oeuvre la réforme contestée de l'assurance-chômage.

Gabriel Attal, qui mène la campagne pour le camp présidentiel et répondra "aux questions des Français" jeudi soir sur France 2 aux côtés de Jordan Bardella, du député européen Raphaël Glucksmann et du maire Les Républicains (LR) de Cannes (Alpes Maritimes), David Lisnard, a toutefois refusé de donner des consignes de vote.

"ÉCARTER LE RISQUE D'UNE MAJORITÉ ABSOLUE DU RN"

A la question de savoir pour qui il appellerait à voter lors de duels du second tour entre le RN et La France Insoumise (LFI), le Premier ministre a esquivé, disant mercredi soir ne "pas aimer" l'idée de dire aux Français pour qui voter.

"On a écarté au premier tour le risque d'une majorité de LFI, maintenant il faut écarter le risque d'une majorité absolue du RN", a-t-il répété sur BFM TV, s'insurgeant que le RN agite auprès des électeurs la crainte d'une alliance entre le camp présidentiel et LFI - une "ficelle", a-t-il dit, pour "masquer les découvertes quotidiennes sur les candidats" du parti d'extrême droite, citant des propos racistes et antisémites.

Jordan Bardella a répondu indirectement par la suite, assurant qu'il écartait les "brebis galeuses". "Sur 600 candidats, trois ou quatre ont des propos que je condamne; je les sanctionne et les mets à la porte de mon parti", a-t-il dit.

Gabriel Attal a par ailleurs refusé de dire s'il démissionnerait à l'issue du second tour du scrutin ou resterait le cas échéant en poste pour "vaquer aux affaires courantes". "Je vous répondrai dimanche soir", a-t-il éludé.

Le choix du nouveau locataire de Matignon se résume à trois candidats déclarés, a résumé pour sa part Jordan Bardella sur BFM TV, citant l'actuel Premier ministre, le chef de file de LFI, Jean-Luc Mélenchon, et lui-même. Les personnalités de l'alliance de gauche cherchent à "cacher Jean-Luc Mélenchon dans le placard", a ajouté le président du RN, citant une volonté de "masquer la violence" de leur projet.

Quelques minutes auparavant, Marine Tondelier a estimé que Jordan Bardella ne "tiendrait pas 24 heures à Matignon", lui reprochant les nombreuses conditions posées. "Il veut un tapis rouge", a-t-elle déclaré, écartant l'hypothèse que Jean-Luc Mélenchon accède à Matignon ou qu'un macroniste y soit de nouveau installé, faute de majorité parlementaire.

"La priorité, c'est de battre Jordan Bardella, et pour le reste (...) on trouvera une personnalité (...) qui fera consensus", a-t-elle poursuivi, exprimant son peu d'appétence pour le "défilé d'auto-candidatures, prématuré, indécent".

"FAIRE DES CHOSES QUI N'ONT JAMAIS ÉTÉ FAITES"

Mercredi matin, Gabriel Attal a rejeté sur France Inter l'idée d'une quelconque "coalition". "Je n'ai pas parlé de coalition. Je ne vais pas imposer aux Français une coalition qu'ils n'ont pas choisie", a-t-il dit. "À l'issue de ce deuxième tour, soit le pouvoir sera entre les mains d'un gouvernement d'extrême droite, soit le pouvoir sera au Parlement. Moi je me bats pour ce deuxième scénario".

L'idée d'une "grande coalition" contre le RN a été défendue par la présidente sortante de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet. "Je plaide pour que nous fassions une grande coalition, celle-ci peut aller jusqu'au bloc de gauche, avec les écologistes, les socialistes et les communistes, des personnes avec lesquelles je partage des valeurs", a-t-elle dit sur RTL.

Le camp présidentiel pose toutefois une ligne rouge: pas d'alliance avec LFI, a déclaré Emmanuel Macron en conseil des ministres, a rapporté à Reuters un participant.

Edouard Philippe, maire du Havre et chef de file d'Horizons, s'est dit sur TF1 ouvert "à une nouvelle majorité parlementaire qui pourrait aller de la droite conservatrice aux sociaux-démocrates". "Il est évident qu'il ne peut pas avoir une discussion sur une coalition avec LFI", a-t-il ajouté.

Dans le camp du NFP, la proposition d'un rapprochement à l'Assemblée nationale avec le camp présidentiel a été diversement reçue.

"Il faudra sûrement faire des choses que personne n'a jamais faites auparavant dans ce pays", avait reconnu Marine Tondelier mardi soir sur TF1, ajoutant "que certains au centre, à droite, nous disent comment ils souhaitent travailler dans l'autre sens".

La députée écologiste Sandrine Rousseau, réélue à Paris dès le premier tour des législatives, s'est quant à elle farouchement opposée à la proposition. "Dévier et encore aller vers une politique libérale, qui ne respecte pas ce que nous avons posé dans le débat politique, c'est d'une certaine manière trahir la parole des électeurs", a-t-elle affirmé sur France 2.

(Rédigé par Kate Entringer, Blandine Hénault et Jean Terzian)

reuters.com

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