Cyclisme/Tour de France: Anthony Turgis, une victoire au nom des frères
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Anthony Turgis fête sa victoire dans la 9e étape du Tour de France
Stephane Mahe
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Anthony Turgis fête sa victoire dans la 9e étape du Tour de France
Stephane Mahe
par Vincent Daheron
TROYES, Aube (Reuters) - "J'avais un frère dans chaque jambe aujourd'hui" : ému aux larmes, Anthony Turgis a rendu un poignant hommage à sa famille après avoir remporté dimanche la plus belle victoire de sa carrière à l'occasion de la neuvième étape du Tour de France.
Le parcours du coureur de l'équipe TotalEnergies est indissociable de celui de son aîné Jimmy et de son benjamin Tanguy, contraints de mettre un terme à leur carrière professionnelle pour des problèmes cardiaques, respectivement en 2020 et 2018. Les trois frangins avaient auparavant participé au Tour de l'Ain 2017 sous le même maillot, celui de l'équipe Cofidis.
"Mes frères me suivent depuis des années. Ils ont du mal à vivre certains moments difficiles de leur vie et vivent à travers moi. Je travaille pour leur faire plaisir", a reconnu le Francilien de 30 ans, vainqueur dimanche de son premier succès sur la Grande Boucle.
Chaque année, il doit s'astreindre à une batterie de tests d'efforts pour déceler si nécessaire cette pathologie cardiaque héréditaire, "une épée de Damoclès au-dessus de la tête."
Il avait commencé la journée entouré de ses proches, présents à Troyes (Aube), sans savoir qu'il partagerait avec eux la septième victoire de sa carrière, la première depuis cinq ans.
"Je prends du temps avec eux. Ça fait plaisir, ça enlève du poids, du stress", a-t-il confié. "Ce sont des moments dont j'ai vraiment besoin pour évacuer."
Le cyclisme est une histoire de famille chez les Turgis : Anthony a écrasé ses premières pédales à cinq ans dans l'école de vélo fondée par son père tandis que ses frères opèrent encore dans le milieu. Jimmy entraîne dans l'équipe Arkéa-B&B Hotels et Tanguy est directeur sportif à Paris de l'un des meilleurs clubs amateurs du pays.
"C'est une belle récompense, parce que c'est une très belle famille", a loué Jean-René Bernaudeau, manager général de la formation TotalEnergies. "Aujourd'hui, il y a des élections, et je peux dire que c'est une famille qui met la France à l'honneur."
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Pour les passionnés de la petite reine, Anthony Turgis n'est plus un inconnu à la faveur de ses places d'honneur dans les Monuments, les courses d'un jour les plus prestigieuses du calendrier : deuxième de Milan-San Remo 2022 et quatrième du Tour des Flandres 2020 parmi ses quatre tops 10 à ce niveau.
Ce n'est sûrement pas un hasard s'il s'est imposé sur l'étape qui ressemblait le plus à une classique avec 32 kilomètres et 14 secteurs de chemins blancs à travers les vignobles.
"J'ai délaissé les petites courses pour en gagner une grosse. J'ai continué à travailler, travailler, travailler parce que j'avais envie de vivre ça", a-t-il savouré en conférence de presse. "C'est mon septième Tour de France, il m'a beaucoup pris. Je l'ai parfois fini en lambeau mais j'y croyais toujours."
Il n'est pas rassasié pour autant et rêve de remporter une classique pavée, Paris-Roubaix ou le Tour des Flandres. "Le Tour de France, c'est le Graal, la course la plus médiatisée. Mais ces chemins, ce ne sont pas des pavés donc ce n'est pas pareil", a-t-il dit dans un sourire. "Je retournerai sur les pavés pour en remporter une, peu importe laquelle."
(Reportage de Vincent Daheron, édité par Blandine Hénault)
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