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France: Le NFP propose Lucie Castets pour Matignon, pas le sujet pour Macron

reuters.com

Publié le 24 juillet 2024 à 05:27 - Mis à jour le 18 décembre 2024 à 16:45

Le logo du nouveau front populaire avant une conference de presse

Le logo du Nouveau Front Populaire avant une conférence de presse

Stephane Mahe

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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PARIS (Reuters) - L'alliance de gauche du Nouveau front populaire (NFP) a déclaré mardi dans un communiqué avoir choisi Lucie Castets comme candidate pour le poste de Premier ministre, une annonce qui, selon Emmanuel Macron, "n'est pas le sujet", le président appelant plutôt à dégager une majorité à l'Assemblée.

"La réunion des responsables des partis du Nouveau front populaire a conclu positivement ces travaux ce mardi 23 juillet, seize jours après le résultat des élections législatives qui ont fait de la coalition la première force à l'Assemblée nationale", est-il écrit dans le communiqué.

"Elle présente au président de la République la proposition de nommer Première ministre Madame Lucie Castets", est-il ajouté.

Interrogé sur France Télévisions et Radio France sur cette nomination au sein du NFP, Emmanuel Macron a affirmé que ce n'était "pas la question".

"Le sujet n'est pas là, ce n'est pas un nom, la question. La question c'est : quelle majorité peut se dégager à l'Assemblée ?", a déclaré le chef de l'Etat, imputant aux groupes parlementaires la "responsabilité de trouver des compromis".

"Il serait faux de dire" que le NFP a la majorité, a-t-il dit par ailleurs, citant l'échec d'André Chassaigne lors du vote pour la présidence de l'Assemblée nationale.

"Ce que j'attends des forces politiques, c'est qu'elles soient à la hauteur de ce qu'elles ont fait dans l'entre-deux-tours".

Emmanuel Macron a également fait savoir que le gouvernement démissionnaire resterait en place au moins jusqu'à la mi-août, soit jusqu'à la fin des Jeux olympiques s'ouvrant vendredi à Paris, ajoutant que tout autre cas de figure provoquerait un "désordre". "Jusqu'à la mi-août, nous ne sommes pas en situation de pouvoir changer les choses, parce que l'on créérait un désordre", a-t-il dit.

Le Premier ministre démissionnaire, Gabriel Attal, et son gouvernement ont été chargés par Emmanuel Macron d'expédier les affaires courantes jusqu'à ce que l'exécutif se décide sur un nouveau prétendant pour Matignon.

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ABROGER LA RÉFORME DES RETRAITES

La nomination de Lucie Castets intervient alors que la présidente du groupe La France insoumise (LFI) à l'Assemblée nationale, Mathilde Panot, a annoncé plus tôt dans la journée qu'une proposition de loi allait être déposée pour abroger la réforme des retraites.

"Aujourd'hui, nous déposons une proposition de loi pour abroger la réforme de la retraite à 64 ans", a déclaré la députée du Val-de-Marne sur France Inter.

"Lorsque nous la soumettrons à l'Assemblée nationale, chacun prendra ses responsabilités pour savoir s'il veut, oui ou non, faire tomber un gouvernement sur la question de l'abrogation de la retraite à 64 ans", a-t-elle ajouté, disant tendre la main à "l'ensemble des députés qui, lors de la précédente législature, avait déjà voté contre".

"Il y avait déjà une majorité dans la précédente législature pour battre la retraite à 64 ans", a poursuivi Mathilde Panot, rappelant que la réforme a été adoptée via l'utilisation de l'article 49.3 de la Constitution et sans vote à l'Assemblée nationale. "Je pense qu'il y a une majorité encore plus grande aujourd'hui."

"Le Rassemblement national a des députés, ils feront ce qu'ils veulent. Mais je le dis aujourd'hui, y compris avec des députés de droite, des députés [du groupe centriste] Liot, les 193 députés du Nouveau Front populaire, nous avons la majorité pour abroger cette réforme des retraites."

Interrogé par la suite sur BFMTV, le député Rassemblement national (RN) Laurent Jacobelli a affirmé que son groupe voterait la proposition de loi de LFI. "C'est fidèle à notre programme", a-t-il dit.

Le dépôt d'une proposition de loi n'intervient qu'à l'issue d'un examen de sa recevabilité financière par le Bureau, plus haute autorité collégiale du Palais-Bourbon et où le NFP a remporté la majorité des sièges.

"Voilà pourquoi il était si important d'obtenir la majorité au Bureau de l'Assemblée : permettre la recevabilité de cette proposition de loi", a commenté sur X le député LFI Antoine Léaument.

Contactée par Reuters, l'Assemblée nationale a indiqué qu'"à ce jour, la proposition de loi [de LFI sur les retraites] n'a pas été formellement déposée". Elle a ajouté ne pas avoir d'information quant à la date d'un examen de cette proposition par le Bureau.

"On attend encore quelques signatures mais ils la recevront au plus tard cet après-midi", a précisé une source à LFI.

L'article premier du texte de la proposition de loi consulté par Reuters "abroge le report de l'âge légal de départ à 64 ans ainsi que l'accélération de la hausse de la durée de cotisation à 172 trimestres".

Cette réforme, largement contestée dans la rue, a été promulguée en avril 2023.

L'actuelle session de droit de l'Assemblée nationale, qui s'est ouverte le 18 juillet, doit prendre fin le 1er août au soir et la reprise des travaux du Parlement en session ordinaire est prévu le 1er octobre.

(Rédigé par Blandine Hénault, avec la contribution d'Elizabeth Pineau et de Jean Terzian, édité par Kate Entringer)

reuters.com

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