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Bayrou veut sortir du "constat d’impuissance" avec son gouvernement

reuters.com

Publié le 24 décembre 2024 à 05:40

Séance de questions au Premier ministre à l'Assemblée nationale à Paris

Séance de questions au Premier ministre à l'Assemblée nationale à Paris

Sarah Meyssonnier

Le Quotidien Numérique

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Photo d'illustration de l'article
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PARIS (Reuters) - L'Elysée a dévoilé lundi le nouveau gouvernement français, marqué par le retour de deux anciens Premiers ministres, face à une Assemblée nationale fragmentée où les oppositions menacent de censure.

Interrogé après l'annonce de la composition de son gouvernement, le Premier ministre François Bayrou, nommé il y a une dizaine de jours, a défendu ses choix et appelé a "sortir du constat d'impuissance".

"Je pense qu'on est dans une situation (...) la plus difficile que nous ayons connu depuis la guerre, avec un pays qui n'a pas de budget, un pays qui n'a pas de majorité, un pays dans lequel un grand nombre de Français pensent et croient qu'ils sont laissés de côté, qu'on ne fait pas attention à eux", a déploré le Premier ministre sur BFMTV.

"Le premier défi du pays, c'est l'éducation", a affirmé François Bayrou en référence à la nomination d'Elisabeth Borne comme ministre d'État de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Moins d'un an après sa démission de Matignon, Elisabeth Borne devient en effet numéro 2 du gouvernement Bayrou.

Manuel Valls, ancien Premier ministre sous François Hollande, a lui été nommé ministre d'État chargé des Outre-mer à un moment où les territoires ultramarins font face à de nombreuses crises, avec, plus récemment, Mayotte qui a été dévasté par le cyclone Chido.

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"Je suis sûr que ça ne s'est jamais produit, d'avoir un ministère d'Etat, deuxième de la liste du gouvernement, qui va s'occuper des Outre-mer", s'est félicité François Bayrou.

"L'une des questions les plus lourdes pour ce pays sont les Outre-mer, qui sont des sociétés très fragiles, très déstabilisées, qui ont le sentiment qu'on ne s'occupe pas d'elles", a-t-il ajouté.

Dans un contexte de crise budgétaire, les rênes de Bercy sont confiées à Eric Lombard, directeur général de la Caisse des dépôts et consignations, qui prend la suite d'Antoine Armand au ministère de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique.

Il sera épaulé par Amélie de Montchalin, ancienne ministre de la Transition Ecologique et de la Cohésion des territoires notamment, nommée ministre chargée des Comptes publics et de Marc Ferracci nommé ministre chargé de l'Industrie et de l'Energie.

Autre retour, celui de Gérald Darmanin, ancien ministre de l'Intérieur, qui récupère le portefeuille de la Justice.

Catherine Vautrin a été nommée ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, poste qu'elle avait occupé sous Gabriel Attal.

Ancien membre du Parti socialiste avant de devenir un des premiers soutiens d'Emmanuel Macron et ancien ministre du Travail de François Hollande, François Rebsamen, 77 ans, a été nommé ministre des Collectivités locales, de l'aménagement des territoires.

REFUS DE XAVIER BERTRAND

Plusieurs ministres du gouvernement Barnier ont été reconduits lundi. Le ministère de l'Intérieur reste entre les mains du sénateur de Vendée (Les Républicains) Bruno Retailleau, figure de la droite conservatrice prônant une politique de fermeté en matière d'immigration.

Sébastien Lecornu et Jean-Noël Barrot ont été reconduits au ministère des Armées et au Quai d'Orsay, respectivement.

Rachida Dati a conservé la Culture et Annie Genevard l'Agriculture et à la Souveraineté alimentaire.

Le premier conseil des ministres du gouvernement Bayrou se tiendra le 3 janvier, a annoncé Alexis Kohler, secrétaire général de l'Elysée.

Pressenti au ministère de la Justice, Xavier Bertrand a déclaré dans un communiqué qu'il n'entrerait pas dans le gouvernement Bayrou.

"En dépit de ses nouvelles propositions, je refuse de participer à un gouvernement de la France formé avec l'aval de Marine Le Pen. Accepter à ces conditions aurait été le reniement de mes valeurs, de mon engagement et de mes combats", écrit le président de la Région Hauts-de-France.

Interrogé par BFMTV sur le refus opposé par Xavier Bertrand, le Premier ministre a réfuté toute influence du RN. "Il n'est pas vrai que quelque influence que ce soit se soit exercée sur moi (...) Il m'a dit qu'il ne voulait que la Justice. Je l'ai reçu, il m'a exposé ses vues et je ne me suis pas reconnu dans ses vues."

"Je lui ai proposé le ministère de l'Agriculture, il m'a dit non", a ajouté François Bayrou.

SCELLER UN PACTE

Avant de former son équipe gouvernementale, François Bayrou a consulté durant plusieurs jours les partis représentés au Parlement avec l'ambition de sceller un "pacte de non-censure" qui permettrait à son gouvernement de durer alors que le précédent n'a tenu que trois mois avant d'être renversé.

Le nouvel exécutif devra très vite s'atteler à établir un nouveau projet de budget pour 2025 - sur lequel le gouvernement de Michel Barnier s'est effondré - dans un contexte de nette dégradation des finances publiques.

A défaut de budget pour 2025, un projet de loi spéciale visant à permettre à l'exécutif de percevoir l'impôt et d'emprunter sur les marchés a été voté lundi à l'Assemblée nationale puis mercredi au Sénat.

François Bayrou a tenu à s'adresser dans une lettre aux ministres qui n'ont pas été reconduits.

"A tous, je veux dire ma gratitude. Aucun d'entre vous n'ignore les difficultés auxquelles nous sommes confrontés. A ceux d'entre vous qui ne seront pas membres du prochain gouvernement, je veux dire que je ferai tout ce que je pourrai pour que leurs qualités et leur dévouement puissent être utiles aux pays."

(Rédigé par Zhifan Liu et Kate Entringer)

reuters.com

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