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L'Iran s'invite au sommet UE-Balkans de Sofia

reuters.com  |   |  499  mots
L'iran s'invite au sommet ue-balkans de sofia[reuters.com]
(Crédits : Thomas Peter)

SOFIA (Reuters) - Les dirigeants de l'Union européenne se réunissent mercredi à Sofia pour explorer toutes les options afin de sauver l'accord de 2015 sur le programme nucléaire de Téhéran malgré la menace de sanctions américaines et protéger les intérêts économiques européens et iraniens.

Aucune décision majeure n'est attendue lors de ce sommet Union européenne-Balkans qui dure jusqu'à jeudi, dont l'agenda a été par perturbé par l'annonce du retrait des Etats-Unis de l'accord de 2015 encadrant le programme nucléaire de l'Iran.

Le président américain, qui le qualifie de "pire accord" jamais négocié par les Etats-Unis, lui reproche notamment de ne couvrir ni le programme balistique de Téhéran ni son rôle dans les conflits du Moyen-Orient. Les signataires européens cherchent désormais à le convaincre qu'il s'agit du meilleur moyen de garantir que l'Iran ne devienne pas une puissance nucléaire.

S'exprimant devant la presse, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a souligné que les Européens devaient préserver un front uni sur ce dossier comme sur d'autres.

"En regardant les dernières décisions du président Trump, on pourrait presque penser: Avec des amis pareils, qui a besoin d'ennemis ? (...) Mais honnêtement, l'Europe devrait être reconnaissante envers le président Trump car, grâce à lui, toutes nos illusions ont disparu", a-t-il dit.

Les Européens, a-t-il ajouté, doivent restés unis face "à ce nouveau phénomène que constitue l'affirmation capricieuse de l'administration américaine".

La France, le Royaume-Uni et l'Allemagne - les signataires européens de l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien avec la Russie et la Chine - profiteront du sommet de Sofia pour exposer leur point de vue à leurs homologues européens.

L'enjeu est de taille pour la France. Deuxième partenaire commercial de l'Iran au sein de l'UE, derrière l'Italie et l'Allemagne, l'Hexagone a vu ses échanges avec la République islamique, qui avaient chuté pendant les sanctions internationales, redécoller en 2016 sous l'effet de l'accord de 2015.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, exposera lui aux dirigeants de l'UE les options disponibles pour protéger les intérêts européens en Iran et raviver leur coopération avec Téhéran, grâce auxquelles de nombreux Etats membres espèrent tirer profit.

Cela comprend la protection des accords commerciaux entre les entreprises européennes et l'Iran contre les sanctions américaines, une tâche qui s'annonce d'ores et déjà très compliquée. Les Etats membres doivent également convaincre la Banque européenne d'investissement d'autoriser les investissements en Iran.

Les ministres des Affaires étrangères de la France, du Royaume-Uni et de l'Allemagne se sont entendus mardi avec leur homologue iranien, Mohammad Javad Zarif, à Bruxelles sur un accord de principe pour chercher un moyen de sauver l'accord malgré le retrait américain.

(Gabriela Baczynska; Arthur Connan pour le service français, édité par Henri-Pierre André)