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Italie : Cesare Battisti avoue quatre meurtres dans les années 1970

reuters.com  |   |  347  mots
Italie: cesare battisti avoue quatre meurtres dans les annees 1970[reuters.com]
(Crédits : Max Rossi)

MILAN (Reuters) - L'ancien militant d'extrême gauche Cesare Battisti, extradé en janvier du Brésil vers l'Italie, a reconnu pour la première fois avoir commis quatre meurtres dans les années 1970 et a demandé pardon, a annoncé lundi le parquet antiterroriste de Milan.

Battisti, aujourd'hui âgé de 64 ans, était membre des Prolétaires armés pour le communisme (Pac) pendant les "années de plomb" qui ont ensanglanté l'Italie. Il s'était évadé d'une prison italienne en 1981 et s'était réfugié en France puis au Brésil.

"Il a trouvé refuge à l'étranger pendant des dizaines d'années en profitant d'une image de victime innocente d'une persécution politique. Maintenant, il a décidé de dire la vérité", a déclaré lundi aux journalistes le procureur Alberto Nobili, chef du parquet antiterroriste de Milan.

Cesare Battisti avait été condamné par contumace à la prison à vie pour les meurtres de deux policiers, d'un bijoutier et d'un boucher à la fin des années 1970.

Jusqu'ici, il niait toute implication dans ces meurtres.

Interrogé dans sa prison durant le week-end, il a déclaré: "Quand je tuais, je pensais que je servais une cause juste. Maintenant je comprends le mal que j'ai fait et je présente mes excuses aux familles des victimes", a rapporté Alberto Nobili.

L'avocat de Battisti, Davide Steccanella, a confirmé que son client avait reconnu sa culpabilité "pour expliquer qui il était à vingt ans et qui il est aujourd'hui".

Devenu auteur à succès de romans policiers, Battisti, qui a un fils brésilien âgé de cinq ans, a vécu plusieurs années au Brésil comme réfugié, soutenu par le gouvernement de l'ancien président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva.

"Pendant des années j'ai dénoncé la protection accordée à ce terroriste qui était traité comme un exilé politique", a écrit lundi sur Twitter le nouveau président brésilien Jair Bolsonaro. "Le Brésil envoie un nouveau message au monde: nous ne serons plus un paradis pour les bandits!"

(Emilio Parodi; Guy Kerivel pour le service français)