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Attaque à la Préfecture de police : Harpon se demandait "comment tuer les infidèles ? "

reuters.com  |   |  555  mots
Attaque a la prefecture de police: harpon se demandait comment tuer les infideles?[reuters.com]
(Crédits : Benoit Tessier)

PARIS (Reuters) - Mickaël Harpon, qui a tué quatre de ses collègues de la Préfecture de police de Paris en octobre dernier avant d'être abattu, avait effectué une recherche sur internet pour savoir "comment tuer les infidèles" peu avant son passage à l'acte, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

L'analyse toujours en cours des données du téléphone portable personnel de l'informaticien de 45 ans, converti à l'Islam depuis une dizaine années, renforce la piste d'une "attaque terroriste", a ajouté la source, confirmant une information du journal Le Parisien.

Le Parquet national antiterroriste (PNAT) s'est saisi de l'enquête peu après les faits, mais l'analyse du matériel informatique professionnel de Mickaël Harpon n'avait pas permis jusqu'à présent d'accréditer la thèse d'un attentat, selon des sources judiciaires.

L'hypothèse d'un "délire mystique" d'un homme réputé fragile sur le plan psychologique était dès lors privilégiée. L'agent d'origine martiniquaise, qui souffrait de surdité, s'était plaint à plusieurs reprises par le passé d'être discriminé en raison de son handicap.

Les données contenues dans le téléphone personnel de Mickaël Harpon, dont les experts ont eu le plus grand mal à percer les codes, pourraient changer le cours de l'enquête.

"Le téléphone contient beaucoup de données mais on a déjà isolé une recherche sur internet effectuée une heure avant le passage à l'acte : comment tuer les infidèles?", a dit la source judiciaire.

PAS DE LIEN ÉTABLI AVEC DAECH

Aux yeux des enquêteurs, cette recherche "confirme les soupçons de radicalisation" qui pesaient déjà sur Mickaël Harpon en raison des propos qu'il avait tenus au lendemain de l'attaque contre Charlie Hebdo en 2015, ont déclaré à Reuters la source judiciaire et une source policière.

Peu après l'avoir effectuée, l'informaticien quittait son bureau à la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP) pour acheter les couteaux avec lesquels il a assassiné à son retour quatre agents et en a blessé deux autres, avant d'être arrêté dans sa course meurtrière par un policier.

Selon la source policière, l'enquête n'a en revanche fait apparaître pour le moment "aucun contact avec les djihadistes du groupe Etat islamique", qui a revendiqué l'attaque.

Les enquêteurs n'ont pas trouvé non plus trace d'un "plan d'action" laissant penser que Mickaël Harpon avait planifié son acte longtemps à l'avance, a-t-on ajouté de même source.

Les autorités ont reconnu des "dysfonctionnements" dans cette affaire, en particulier lors du traitement du signalement des propos tenus par Mickaël Harpon en 2015, qui n'étaient pas remontés plus haut que son chef de service. Celui-ci avait jugé à l'époque que l'agent habilité secret défense ne représentait pas une menace. Aucune sanction ni mesure de précaution n'avait été prise.

Plusieurs policiers soupçonnés d'être radicalisés ont depuis été écartés de postes jugés trop sensibles. Le Premier ministre, Edouard Philippe, a par ailleurs dévoilé en janvier une série de mesures destinées à mieux détecter la radicalisation dans les services de sécurité, au moment du recrutement des agents puis tout au long de leur carrière.

(Tangi Salaün, édité par Jean-Michel Bélot)