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Macron-Le Pen, une confrontation retenue mais sans concessions

reuters.com

Publié le 20 avril 2022 à 20:16 - Mis à jour le 18 décembre 2024 à 22:27

Le pen veut "rendre leur argent" aux francais, macron juge ses mesures inefficaces

MACRON-LE PEN, UNE CONFRONTATION RETENUE MAIS SANS CONCESSIONS

POOL

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Sophie Louet et Tangi Salaün

PARIS (Reuters) - Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont affrontés mercredi lors du débat de l'entre-deux-tours avec une retenue à rebours de leur joute de 2017, qui n'a pas empêché des accrochages acides sur le pouvoir d'achat et l'islamisme, chevaux de bataille de la candidate d'extrême droite, et les enjeux diplomatiques du moment, tels le conflit ukrainien et l'avenir de l'UE.

A quatre jours du second tour de l'élection présidentielle, pour lequel le président sortant est donné favori, mais avec une dynamique bien moins favorable qu'il y a cinq ans, les finalistes se sont efforcés d'opposer deux registres : celui de la "porte-parole" du peuple qui "souffre" et des plus démunis pour l'une, celui du héraut d'un "pays plus indépendant et plus fort" pour l'autre.

Forte des enseignements de son raté de 2017, Marine Le Pen a cultivé une contenance courtoise et souriante, parfois faussement détachée face à son adversaire qui, comme en 2017, s'est employé à confronter la députée RN du Pas-de-Calais aux contradictions et failles présumées de son programme avec un ton parfois condescendant et sentencieux ("vous dites n'importe quoi", "vous mentez").

"Arrêtez de tout confondre, ce n'est possible", a-t-il ainsi lancé au cours du débat. "Monsieur Macron, ne me donnez pas de leçon", a répliqué Marine Le Pen, s'attirant cette réponse: "Je ne vous donne pas de leçon. Je connais le numéro par coeur, ne me le faites pas Mme Le Pen."

"Elle est beaucoup plus disciplinée qu'il y a cinq ans Mme Le Pen", a toutefois ironisé Emmanuel Macron à la fin des échanges. "Je crois qu'on vieillit", a plaisanté la candidate.

Rappelant son adversaire à "la vraie vie", Marine Le Pen s'est donné pour priorité, si elle est élue, de "restituer leur argent" aux Français, qui s'"inquiètent", selon elle, "d'un déclassement, d'une sorte de précarité généralisée qu'ils ressent[ent]" au terme de cinq années de présidence Macron marquée par la pandémie de COVID-19.

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"RECOUDRE LA FRANCE"

Le président sortant lui a notamment rétorqué que sa volonté de réduire la TVA sur certains produits de première nécessité, comme le sel, les pâtes, l'huile ou encore les couches, ne serait d'aucun appui pour les Français qui en ont le plus besoin.

"Vos mesures, elles sont tout à la fois inefficaces et elles sont en plus injustes", a-t-il attaqué, citant une projection du cabinet Asterès selon laquelle cette initiative engendrerait une progression du pouvoir d'achat de seulement 0,3%.

Il a à plusieurs reprises reproché à Marine Le Pen de ne pas avoir voté à l'Assemblée les mesures gouvernementales destinées à soutenir le pouvoir d'achat des foyers modestes, comme le "bouclier" mis en place pour limiter la flambée des prix de l'énergie.

La candidate du Rassemblement national n'a eu de cesse de se dépeindre en porte-voix du "peuple", critiquant en creux la verticalité, l'éloignement du locataire de l'Elysée et sa "brutalité", et appelant au retour de "la fraternité nationale" et de "la paix civile", une allusion à la crise des "Gilets jaunes" de l'automne 2018.

Elle s'est fait l'écho du "sentiment de mépris" ressenti selon elle par les Français "maltraités avec des mots violents" et a dit son souhait de "recoudre la France".

Les Français, a-t-elle développé, ne veulent ni "chèques" ni "tickets de rationnement", déplorant "400.000 pauvres" supplémentaires depuis 2017 et le développement d'une économie "ubérisée" avec des "emplois à très bas coût, très précaires".

"Assumant" les 600 milliards d'euros de la "dette Covid", Emmanuel Macron s'est attaché en retour à souligner les inconnues du financement du programme du Rassemblement national, notamment sur les retraites, les impôts ou l'énergie. "Ce n'est pas Gérard Majax ce soir", a-t-il lancé.

"GUERRE CIVILE"

Les échanges se sont raidis sur le chapitre international.

A l'évocation du conflit ukrainien, le président sortant a accusé Marine Le Pen d'être à la solde de Vladimir Poutine, ravivant la controverse sur le prêt contracté en 2014 auprès d'une banque russe par son parti, l'ex-Front national.

"Vous ne parlez pas à d'autres dirigeants, vous parlez à votre banquier quand vous parlez de la Russie, c'est ça le problème", a-t-il lancé.

Alors que Marine Le Pen a retiré de son programme un projet de "Frexit", la sortie de la France de l'Union européenne qu'elle proposait en 2017, Emmanuel Macron l'a accusée de vouloir oeuvrer à la même issue, mais de manière déguisée.

"Ce que vous décrivez, ça ressemble à une bande à part", a-t-il dit au moment où son adversaire plaidait pour une "Europe des nations". "Vous mentez sur la marchandise", a-t-il ajouté.

La tension a été palpable également sur l'écologie, dont Emmanuel Macron a affirmé la primauté afin de capter une partie de l'électorat de gauche. "Vous êtes le pire de l'écologie punitive", a asséné Marine Le Pen, réfutant tout climatoscepticisme face à un "climatohypocrite".

La confrontation a atteint son paroxysme en fin de débat lorsque Marine Le Pen a défendu son projet controversé d'interdire le port du voile islamique dans l'espace public, par l'entremise d'"une loi de défense de la liberté", une loi "contre l'idéologie islamiste".

"Vous ne vivez que de la peur et du ressentiment", a jugé Emmanuel Macron, s'inquiétant d'une mesure "très grave", "une trahison de ce qu'est l'esprit français et la République".

"Vous allez créer la guerre civile", a-t-il estimé.

(Rédigé par Sophie Louet, édité par Tangi Salaün)

reuters.com

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