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Front anti-Macron contre front républicain, dernier jour de campagne dans une France divisée

reuters.com

Publié le 22 avril 2022 à 16:20 - Mis à jour le 18 décembre 2024 à 22:25

Front anti-macron contre front republicain, dernier jour de campagne dans une france divisee

Front anti-macron contre front republicain, dernier jour de campagne dans une france divisee

BENOIT TESSIER

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Tangi Salaün, Elizabeth Pineau et Noemie Olive

ETAPLES-SUR-MER, Pas-de-Calais/FIGEAC, Lot (Reuters) - Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont jeté leurs dernières forces dans la bataille vendredi, dernier jour de la campagne présidentielle, l'un appelant à "un référendum" pour "une France économique forte" ou "qui va vers la faillite et la démagogie", l'autre invitant à choisir entre "Macron ou la France".

Faute de réelle adhésion à leurs programmes au-delà de leur base partisane, et après un débat télévisé qui n'a pas permis de les départager aussi clairement qu'en 2017, les deux finalistes ont convoqué le "front républicain" contre l'extrême droite pour le président sortant, le "tout sauf Macron" pour la candidate du Rassemblement national (RN).

Emmanuel Macron fait figure de favori à deux jours du deuxième tour, avec 10 à 14 points de pourcentage d'avance sur sa rivale, selon les sondages, mais sa marge de sécurité est plus étroite qu'en 2017, quand il avait obtenu 66,1% des suffrages exprimés, et l'incertitude est grande sur le niveau réel de la participation.

"La vraie question, c'est, est-ce qu'on peut arracher les Français à l'abstentionnisme en refusant de faire campagne comme il (Macron) l'a fait avant le premier tour et en descendant de l'Olympe exclusivement pendant quelques jours pour pouvoir en réalité, plutôt que présenter son projet, insulter gravement son adversaire?", a déclaré Marine Le Pen sur CNews et Europe 1.

Au "mépris" et à "l'arrogance" dont aurait fait preuve selon elle son adversaire pendant le débat, une ligne qu'elle a martelée pendant son ultime meeting jeudi soir à Arras (Nord), et un reproche qu'Emmanuel Macron avait lui-même entendu de la bouche d'habitants de Saint-Denis, la candidate du RN a cherché à opposer son "bon sens de mère de famille".

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"Il n'aime pas les Français", avait-elle dit sur Cnews et Europe 1, en écho au rejet viscéral qu'inspire le chef de l'Etat chez certains Français, anciens "gilets jaunes", opposants aux mesures sanitaires ou autres travailleurs modestes, "oubliés de la mondialisation" et inquiets pour leur pouvoir d'achat, dont beaucoup ont voté pour le candidat d'extrême gauche Jean-Luc Mélenchon au premier tour.

Face à ce "front anti-Macron" disparate, le président sortant en a une nouvelle fois appelé vendredi au "front républicain" contre une extrême droite qui "vit de ses peurs et de ses ressentiments".

"BIENVEILLANCE"

Comme jeudi à Saint-Denis, où il a dénoncé la stigmatisation de la population musulmane par sa rivale, une attitude qui porte selon lui les germes d'une "guerre civile", Emmanuel Macron a cependant reconnu que Marine Le Pen se nourrissait aussi des échecs de son quinquennat.

"De ce que nous n'avons pas réussi à faire, des choses que moi-même je n'ai pas réussi à faire, c'est-à-dire apaiser certaines colères", a-t-il dit sur France Inter.

Lors d'un dernier déplacement électoral à Figeac (Lot), ville socialiste symbolisant à la fois le tissu industriel et rural français, et où Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête au premier tour, le président sortant a assuré d'"un projet d'avenir et de bienveillance, idéaliste et réaliste".

Il s'est engagé à se battre contre "le drame des déserts médicaux" qui "nourrit la colère, et aujourd'hui les extrêmes", à "remettre des services publics" dans les territoires ruraux, à "investir dans nos infrastructures de transport et de communication".

Des opposants ont déployé au début de son meeting, en plein air, une banderole sur laquelle on pouvait lire "Quand tout sera privé, on sera privé de tout", et jeté des feuilles de papier sur lesquelles était écrit "Président des riches" et "On veut pas des miettes, on veut de la croissance".

Affichant sa volonté de dialogue, Emmanuel Macron a attaqué, sans jamais la citer, la candidate du RN en disant se refuser à un discours de "haine" et de division.

"On nous demanderait de choisir, si j'entends les uns ou les autres. Je vais vous le dire avec beaucoup de conviction, dans ce dernier jour de campagne : la France, c'est un bloc et elle est faite de tout cela", a-t-il lancé. "On ne laissera jamais tomber personne", a-t-il affirmé.

Le second tour, a-t-il estimé, sera "un référendum (...) pour une France économique forte (...) ou qui va vers la faillite et la démagogie (...) pour ou contre la fidélité à nos valeurs, notre Histoire, ce que nous sommes", a-t-il ajouté.

Jeudi à Roye (Somme) et Arras, vendredi à Etaples-sur-Mer (Pas-de-Calais), Marine Le Pen a cherché à convaincre la "majorité silencieuse" qu'elle aurait à répondre à une question: "Macron ou la France".

"Le but, c'est de virer Macron car il a mis la France dans la misère", témoigne Pascal Blondel, un jardinier de 52 ans, ancien "gilet jaune" et militant du RN.

(Reportage d'Elizabeth Pineau à Arras et Etaples-sur-Mer, Noémie Olive à Figeac, rédigé par Tangi Salaün et Sophie Louet, édité par)

reuters.com

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