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Droits humains : Bachelet (Onu) s'entretient avec Xi lors de sa visite en Chine

reuters.com  |   |  595  mots
Droits humains: bachelet (onu) s'entretient avec xi lors de sa visite en chine[reuters.com]
(Crédits : Pool)

par Yew Lun Tian et Tony Munroe

PEKIN (Reuters) - Le président chinois Xi Jinping s'est entretenu mercredi par liaison vidéo avec Michelle Bachelet, Haute Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, dont la visite en Chine est critiquée par des ONG et qualifiée d'erreur par les Etats-Unis.

Au cours de cette visite de six jours, Michelle Bachelet doit notamment se rendre au Xinjiang, province de l'ouest de la Chine où, selon le Haut Commissariat qu'elle dirige, les membres de la communauté musulmane des Ouïghours sont soumis à des détentions arbitraires, des mauvais traitements et du travail forcé.

Le compte-rendu de l'entretien par les médias officiels chinois ne fait cependant aucune mention de ce déplacement.

Xi Jinping a déclaré à Michelle Bachelet que le développement des droits humains en Chine "correspond à ses propres conditions nationales" et que, parmi ces droits, celui à la subsistance et au développement était primordial pour les pays en développement.

"S'éloigner de la réalité et appliquer en bloc le modèle institutionnel d'autres pays non seulement ne conviendrait pas aux conditions locales mais aurait aussi des conséquences catastrophiques", a dit le président chinois, cité par l'agence Chine nouvelle.

"Au bout du compte, ce serait la masse entière de la population qui souffrirait", a-t-il ajouté.

Michelle Bachelet a déclaré que ses entretiens avec Xi Jinping et d'autres responsables chinois lui avaient fourni une opportunité précieuse pour aborder directement avec eux la question des droits humains.

"Pour que le développement, la paix et la sécurité soient durables: les droits humains, la justice, l'inclusion de tous, sans exception, doit être au coeur", a-t-elle écrit sur Twitter.

"JE SUIS UNE GRANDE FILLE"

Un groupe de médias internationaux a publié cette semaine des milliers de documents et de photos émanant de fichiers piratés dans les ordinateurs de la police chinoise, rassemblés au sein des "Xinjiang Police Files", sur les détentions de masse de Ouïghours entre janvier et juillet 2018. Reuters n'a pas pu vérifier de manière indépendante ces documents.

La Chine dément toute atteinte aux droits humains.

Les détracteurs de cette visite en Chine, la première d'un Haut Commissaire de l'Onu depuis 17 ans, craignent que Michelle Bachelet ne puisse pas avoir un accès libre au Xinjiang nécessaire à une évaluation pleine et entière de la situation des droits humains dans la région.

L'ancienne présidente du Chili a réclamé un tel accès mais le ministère chinois des Affaires étrangères a annoncé que sa visite s'effectuerait au sein d'une "boucle fermée", conformément aux "bulles" mises en place par les autorités chinoises pour éviter la propagation du COVID-19 dans le pays.

Michelle Bachelet a déclaré lundi à des diplomates en poste à Pékin que son déplacement au Xinjiang n'était "pas une enquête" mais visait à établir une relation sur le long terme avec les autorités chinoises, ont dit trois diplomates occidentaux à Reuters.

"Je suis une grande fille", a-t-elle répondu aux inquiétudes exprimées par certains de ses interlocuteurs, ont rapporté deux diplomates informés du contenu de la conversation. "Je suis capable de lire entre les lignes."

Via le porte-parole du département d'État Ned Price, les États-Unis ont déclaré mardi que c'était "une erreur d'accepter une visite dans ces circonstances".

(Reportage Tony Munroe et Yew Lun Tian, avec Martin Quin Pollard, version française Bertrand Boucey, édité par Kate Entringer)

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