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Pétrole-OPEP : l'Angola premier pays africain à appliquer la baisse de production

Aboubacar Yacouba Barma

Publié le 04 janvier 2019 à 16:46 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:07

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Les autorités angolaises ont annoncé avoir mis en vigueur depuis le début de l’année, la décision des pays membres de l’OPEP de réduire leur production de pétrole pour faire remonter les cours. Avec une production de 1,5 million de barils, l’Angola va devoir réduire sa production de 47.000 barils par jour soit bien plus que les 29.000 barils annoncés initialement, et espérer un impact sur les marchés internationaux.

C'est acté. L'Angola a fait suite à la décision de l'OPEP en réduisant, depuis le 1er janvier, sa production pétrolière de 47.000 barils par jour sur les 1,528 million de barils. Cette baisse est plus significative que ce qui était annoncé initialement, soit 29.000 barils par jour, correspond à la coupe de 3% de leur production journalière, que les pays membres de l'OPEP et la Russie, se sont engagés à opérer afin de réduire l'offre mondiale de 1,2 million de barils par jour. La décision a été prise à l'issue de la 175e conférence des ministres de l'OPEP qui s'est tenue à Vienne en Autriche, du 6 au 7 décembre dernier, et devrait entrer en vigueur à partir du 1er janvier, pour une période de six (6) mois.

Cette mesure décidée par les pays de l'OPEP et la Russie vise à rééquilibrer les cours de l'or noir sur les marchés internationaux. Plusieurs pays du continent notamment l'Algérie, le Nigéria, la Guinée Equatoriale ou le Gabon, devront suivre afin de rééquilibrer le prix du baril qui a chuté de 85 dollars en octobre à 50 dollars en novembre et décembre. La mesure qui est entrée timidement en vigueur au regard de la hausse, peu significative encore enregistrée sur les marchés, fera l'objet d'une évaluation en avril, soit deux mois avant le délai prévu, afin de mesurer son impact notamment sur les stocks mondiaux ainsi le déséquilibre entre l'offre et la demande.

Incertitudes

La décision de l'OPEP, qui essaie depuis 2016 de stabiliser la production pour rééquilibrer le marché, a été bien accueillie par les marchés. Toutefois, les premiers jours de l'année n'ont pas connu un changement significatif des cours. Ce jeudi 3 janvier, le prix du baril de brent a perdu 2% à 52,72 dollars, alors que le WTI américain a lui décroché de 1,9% à 44,65 dollars.

L'OPEP s'attend à ce que l'impact de sa décision se ressente à partir du premier trimestre de l'année, le temps que la hausse de la production constatée dans certains pays comme les USA ou l'Arabie Saoudite, soit absorbée par une demande mondiale encore instable.

Les experts de l'OPEP s'attendent à une hausse des cours du baril de brent entre 65 et 70 dollars/baril à partir d'avril prochain, mais certains analystes l'estiment en dessus de 70 dollars en moyenne en 2019, contre 72 dollars en 2018. « Le marché avait déjà largement pris en compte les nouvelles coupes de l'Opep, en conséquence, nous pensons que les prix couleront si l'Opep ou la Russie s'écartent sensiblement de leur quota de production », a par exemple confié à Reuters, Cailin Birch, analyste au cabinet Economist Intelligence Unit.

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Moins optimiste, la banque d'affaires américaine JP Morgan s'attend à ce que les prix de pétrole restent au plus bas pour longtemps, en évoluant autour de 55 dollars le baril cette année, surtout si l'OPEP ne maintient pas ses engagements de réduction de production pour toute l'année 2019.

C'est ce qu'a indiqué, mercredi 2 janvier, à la chaîne américaine CNBC, Scott Darling, le chef du département Asie pacifique à JP Morgan.

« Avant la réunion de l'Opep en décembre, JP Morgan avait déclaré que si l'Organisation n'allait pas réduire de plus de 1,2 million de barils/jour, et c'est ce qu'elle a fait pour le premier semestre et non pas pour l'ensemble de l'année, nous pourrons s'acheminer vers notre scénario de prix bas qui est de 55 dollars pour 2019 », a mis en garde la banque d'affaires JP Morgan

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Il s'agit d'un mauvais scénario pour les pays africains producteurs de pétrole, dont l'économie est fortement dépendante aux cours sur les marchés internationaux, d'autant que des facteurs susceptibles de plomber les prix sont encore ambiant notamment la faiblesse de la demande et les incertitudes qui pèsent sur le respect des engagements pris par certains membres de l'OPEP quant au respect des engagements de réduction de leur production.

Aboubacar Yacouba Barma

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