Pollution par l'avion : une étude pointe l'écart entre réalité et perception

Une étude de la chaire Pégase analyse la perception de l'impact environnemental du trafic aérien chez les Français.
Reuters

Une étude de la chaire Pégase analyse la perception de l'impact environnemental du trafic aérien chez les Français.
Reuters
C'est la conclusion rendue par l'étude publiée le 10 février par la chaire Pégase et intitulée « Les Français et l'impact environnemental du transport aérien : entre mythes et réalités ».
Créée en 2019 et rattachée à Montpellier Business School (MBS), la chaire Pégase est dédiée à l'économie et au management du transport aérien et de l'aérospatial et développée en collaboration avec plusieurs institutions scientifiques dont l'Université de Montpellier (une vingtaine de chercheurs au total). Elle est dirigée par Paul Chiambaretto, professeur associé en Stratégie et marketing à Montpellier Business School, chercheur associé à l'École Polytechnique, et spécialiste du transport aérien.
Selon l'analyse de la diffusion du flygskam sur les réseaux sociaux, sur Google et dans la presse nationale, le hashtag #flygskam est apparu sur Twitter en novembre 2017, et le phénomène a connu une amplification notable en 2019.
Parmi les pays ayant réalisé le plus de requêtes sur Google, on retrouve la Suède, la Finlande et la France (notamment en Ile-de-France et en région Rhône-Alpes). Mais l'étude conclut que « si le flygskam semble avoir un impact sur le trafic domestique en Allemagne ou en Suède, cela ne semble pas être le cas en France. L'effet du flygskam n'est donc pas certain, d'autant plus que les évolutions du trafic à l'étranger peuvent s'expliquer par d'autres facteurs ».
L'étude de la chaire Pégase rappelle qu'« en dépit de la forte augmentation du nombre de passagers aériens transportés au cours des 20 dernières années, les émissions de CO2 du transport aérien ont certes augmenté mais dans une moindre mesure. [...] Ainsi, pour la France, les émissions par passager transporté ont baissé de 28 % entre 2000 et 2018. Si la majorité des compagnies aériennes ont réalisé une forte baisse des émissions de CO2 par passager transporté, certaines ont même réussi à réduire leurs émissions en valeur absolue ».
Des résultats obtenus par la mise en œuvre de plusieurs mesures pour accélérer leur transition environnementale.
L'étude pointe ainsi que si l'impact environnemental du transport aérien est de l'ordre de 2 à 3 % des émissions globales de CO2, « les activités liées à internet sont de l'ordre de 4 % et celles liées au textile et à l'habillement sont comprises entre 8 et 10 % ».
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Après avoir interrogé un échantillon de 1018 personnes, l'enquête révèle que si ces trois secteurs sont globalement perçus comme polluants, les avis (plus de 80 %) sont nettement plus défavorables concernant le secteur du transport aérien.
Plus de la moitié des répondants pensent que le secteur aérien représente plus de 10 % des émissions mondiales de CO2, et 90 % des répondants pensent que l'évolution des émissions de CO2 par passager transporté ont été stables ou ont augmenté « alors qu'elles ont diminué de 25 % au cours des quinze dernières années ». Enfin, « près du quart des répondants pensent que les nouvelles générations d'avions consomment plus de 10 litres par passager pour 100 km parcourus alors qu'elle se situe entre 2 et 3 litres ».
Quelles leçons tirer de cette étude ?
Mais le secteur aérien doit également poursuivre sa transition environnementale et adopter des objectifs plus ambitieux en matière de réduction (absolue) des émissions de CO2.
La chaire Pégase émet une proposition : faire évoluer les business models des compagnies aériennes en les accompagnant pour devenir des acteurs de mobilité multimodale, avec une offre composée à la fois de routes aériennes et de routes ferroviaires.
Dès lors, le transport aérien a-t-il du souci à se faire du fait de ce phénomène de flygskam ?
Avec cette étude, le chercheur montpelliérain espère « une sorte de rétablissement de la réalité, afin de rendre le débat un peu moins hystérique que ces derniers mois, plus raisonné et intelligent. Nous, on pose des faits. A partir de là, chacun en tire des leçons ».
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* 33 gigatonnes en 2019 (soit un niveau similaire à 2018 après deux années de hausse), selon les chiffres publiés par l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ce 11 février 2020.
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