Stations de ski : quels impacts sur les investissements ?
Rémi Baldy
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Les acteurs économiques du ski dans les Alpes du Sud espéraient que le discours du Premier ministre Jean Castex ouvre la porte à une reprise d'activité pour la fin de l'année. "S'il ne dit rien, ce sera bon signe car cela signifie que les discussions continuent", espérait Yvan Chaix, directeur de l'Agence de Développement Economique et Touristique des Hautes-Alpes. Mais le chef du gouvernement a fermé la porte, ou plutôt les remontées mécaniques qui resteront gelées pour les fêtes.
"C'est très difficile d'entendre que certains établissements ouvrent alors que nous sommes une activité de plein air, que les rassemblements à Noël sont tolérés mais pas en station et qu'il faut une harmonisation européenne quand la Suisse ouvre ses pistes", déplore Yvan Chaix. Cette période de l'année représente 25% du chiffre d'affaires des vingt-sept stations situées dans les Hautes-Alpes selon lui. "La neige représente 30% des emplois et de la richesse dans le département, c'est l'activité principale, celle qui entraîne les autres", souligne-t-il. Deuxième massif de France avec 65 stations et centres de Ski, Provence-Alpes-Côte d'Azur accueille en moyenne deux millions de touristes chaque hiver. Une activité qui génère 15 000 emplois, principalement saisonnier.
A Serre-Chevalier, le directeur de l'office du tourisme Gilles Vanheule s'inquiète également. "Noël est un moment très franco-français pour nous, sans cela et avec les étrangers qui ne viendront pas en janvier nous aurons une perte globale de 30%... en étant optimiste", explique-t-il. Pour ces stations dont la réputation dépasse l'Hexagone, l'international représente un quart de la clientèle. "Nous n'avons aucune réservation de leur part et nos évènements internationaux sont annulés", constate Gilles Vanheule.
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Forcément, la conjoncture entraîne une chute des réservations, à Serre Chevalier elles accusent un retard de 35%. "Nous avons des reports pour février, nous espérons qu'il y aura un décalage à cette période", avance-t-il. Le recul attendu sur l'activité d'hiver global dans la région est de 30%. "C'est un préjudice lourd économique et humainement car nos populations en montagne vivent presque toute l'année avec les bénéfices de Noël", note Pierre Vollaire, édile d'Orres et vice-président de l'association nationale des maires de stations de montagne.
Rémi Baldy