Le 26 novembre, Jean Castex annonce que les stations de sports d’hiver pourront rouvrir à Noël mais que les remontées mécaniques resteront fermées. A la station de Font-Romeu/Pyrénées 2000, dans les Pyrénées-Orientales, c’est la consternation. Décryptage d’un modèle économique fragile.Ils étaient prêts et espéraient ouvrir début décembre. Le 24 novembre, le Président de la République Emmanuel Macron a douché leurs espoirs. Les stations de sports d'hiver pourraient ne pas rouvrir avant janvier.
«Il me semble impossible d'envisager une ouverture pour les fêtes et bien préférable de privilégier une réouverture courant janvier dans de bonnes conditions, a ainsi déclaré le Président. Nous nous coordonnerons sur ce point avec nos voisins européens. »
Le lendemain 26 novembre, Jean Castex précise que les stations de sports d'hiver pourront rouvrir à Noël mais que les remontées mécaniques resteront fermées, et que des discussions sont engagées en vue d'indemniser les pertes de recettes.
La position gouvernementale a surpris les professionnels de la montagne qui, le lundi 23 novembre, avaient été conviés à une consultation en visioconférence par le Premier ministre Jean Castex.
« C'est une surprise car lors de cette réunion, Jean Castex nous avait dit que la décision serait prise la semaine prochaine,s'étonne Hervé Mencacci, directeur de la station de ski Font-Romeu/Pyrénées 2000 dans les Pyrénées-Orientales (région Occitanie*) au lendemain des annonces du Président Macron.On le vit très mal.»
Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire avait plaidé, sur les ondes de France Inter, ne pas vouloir prendre le risque d'une troisième vague qui viendrait « sacrifier » les vacances de février, « qui est la plus importante pour les stations ».
Un manque à gagner irrattrapable de 30 à 35%
Christian Sarran, le directeur de l'Office de tourisme de Font-Romeu se dit « choqué » par les annonces gouvernementales : « Il n'y a aucune cohérence économique à dire qu'on va ouvrir en février. Ici, la station étant très au sud, la saison est courte : habituellement, on est les premiers à ouvrir en France, début décembre (en ayant recours aux enneigeurs, NDLR), mais on ferme début avril. On ne peut donc pas compter sur les vacances de Pâques. Si on ampute la saison des deux semaines de Noël et des grands week-ends en janvier, absolument rien n'est rentable ! Le modèle économique pyrénéen tient à un minimum de six très belles semaines et au moins 6 gros week-ends d'exploitation. En dessous, on est en difficulté ».