« Il faut organiser l’exportation de produits agroalimentaires de façon collaborative » (Jean-Michel Salon, Aria)
Maëva Gardet-Pizzo
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LA TRIBUNE - On estime qu'environ 200 entreprises agroalimentaires de la Région exportent. Quel est leur profil ?
JEAN-MICHEL SALON - On trouve parmi elles toutes sortes d'entreprises. Il y a de grands groupes comme Coca Cola Midi [branche de Coca Cola Company installée à Signes, dans le Var, ndlr] qui vend ses concentrés de Cola Cola en Europe de l'Est, en Afrique, à Singapour. Mais on trouve aussi des PME comme Caragum qui réalise 90 % de son chiffre d'affaires à l'export. Ainsi que des TPE, notamment les acteurs de la truffe comme Plantin à Puyméras. Il y a une grande disparité. Leur capacité à exporter ne dépend pas de leur taille.
Quelles sont les principales zones d'export de ces entreprises ?
Jean-Michel Salon : Elles sont principalement présentes en Europe, en Belgique, au Luxembourg, en Suisse, en Allemagne, Italie, Espagne, et dans les pays scandinaves. La seconde zone, ce sont les États-Unis et le Canada. Puis le Moyen-Orient avec les Émirats arabes unis. Ainsi que le Japon.
L'export résulte-t-il d'une stratégie bien définie à l'international, ou bien est-il plutôt le fruit d'opportunités ?
Jean-Michel Salon : Sur les 200 entreprises, beaucoup ne font qu'un peu d'export, c'est-à-dire moins de 100.000 euros annuels. Celles-ci n'ont pas réellement mis en place de stratégie. Beaucoup exportent sans pour autant s'être structurées pour cela. Elles n'ont pas de site en anglais, pas de responsable export, pas d'administration des ventes... Elles cherchent seulement à répondre aux opportunités qui se présentent, lors de salons comme le Sial [Salon international de l'alimentation à Paris, ndlr] ou NatExpo. Des salons très internationaux, mais que l'on fait aussi pour travailler son marché français.
Les PME et TPE manquent-elles de moyens pour la mise en place d'une véritable stratégie d'export ?
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Jean-Michel Salon : Ce n'est pas tant une question de moyens que de priorités. L'export demande beaucoup d'investissements : site de e-commerce en anglais, travail sur la qualité, travail avec des partenaires à l'export, recrutement d'un back-office qui parle anglais... Il faut aussi adapter ses produits aux spécificités des différents marchés. Ce sont beaucoup d'efforts à mettre en place pour des retombées qui ne se feront sentir que 3 à 5 ans plus tard. De petites entreprises peuvent très bien y arriver. Mais c'est une question de choix.
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