« Il manque une politique globale du logement » (Isabelle Longchampt, FBTP 13)
Maëva Gardet-Pizzo
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LA TRIBUNE - Alors que les ressources énergétiques sont sous tension cet hiver, les Français sont appelés à être plus sobres énergétiquement. Au-delà de maintenir les chauffages à 19°C, la rénovation énergétique des logements est un levier d'action important. Où en sommes-nous ?
ISABELLE LONGCHAMPT - Il y a encore beaucoup de besoins. En 2021, on comptait encore 5,2 millions de passoires thermiques en France. Cela signifie qu'il reste encore beaucoup de chemin à faire. Et sur notre territoire, on n'échappe pas à ce problème [les passoires thermiques représentent 7 % des logements de la Région Sud, ndlr]. On a beau allumer le chauffage sur une période plus courte, nous comptons beaucoup de logements indignes, de copropriétés dégradées. Et cela a un fort impact sur le budget des familles puisque le logement représente 30 % de leur budget, et la moitié de ces 30 % est consacré au chauffage.
Comment expliquer cet important taux de passoires thermiques ?
Il existe beaucoup de dispositifs en faveur de la rénovation des logements. Mais ceux-ci se croisent, et parfois, ils se contredisent. Le gouvernement oriente les politiques d'aides vers de la rénovation globale. Mais on se heurte à un reste à charge trop important pour les ménages. Ils ne sont pas suffisamment accompagnés pour obtenir des financements adaptés en plus des primes du gouvernement qui ne couvrent qu'une partie des travaux. Il manque une politique globale et cohérente du logement. Parfois certaines aides diminuent, voire disparaissent comme en ce qui concerne l'isolation des combles.
En Région Sud, seules 1,3 % des entreprises du bâtiment disposent de l'habilitation RGE (Reconnu garants de l'environnement), gage de visibilité et de crédibilité auprès des personnes qui souhaiteraient rénover leur logement. C'est un niveau assez bas, et parmi les plus faibles du pays. Comment l'expliquer ?
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Le problème est qu'avec ces dispositifs qui évoluent sans cesse, les entreprises ont du mal à se projeter et à investir de façon sereine dans leur activité. Si elles avaient une vision de long terme, elles mettraient davantage de moyens. Car qu'est ce qui fait qu'on s'adapte, que l'on se forme, que l'on embauche ? C'est le chiffre d'affaire, l'activité sur la durée. De notre côté, nous poussons les entreprises à se qualifier. Nous avons ainsi créé dès 2088 la formation Feebat qui accompagne les artisans et les entreprises sur les marchés de la performance énergétique, avec la possibilité de se former dans presque 350 sites. Mais il faut que cela soit intéressant économiquement pour elles.
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