Marseille et le monde économique : je t’aime moi non plus ?
Laurence Bottero, Maëva Gardet-Pizzo
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Marseille et le monde économique
DR
Laurence Bottero, Maëva Gardet-Pizzo
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Marseille et le monde économique
DR
Sa présence lors de l'assemblée générale de l'UPE13 ce 5 juin a tout de même constitué un petit événement. Car, même s'il estime dans l'entretien accordé à La Tribune que ses liens avec le monde économiques sont « bons », on ne peut pas dire que Benoît Payan soit le plus prolixe en matière économique. Pourtant, son premier discours de maire de Marseille semblait poser un cadre, sinon une volonté, évoquant avant tout autre thématique, celle de l'attractivité des investisseurs. Un discours qui semblait avoir vocation à rassurer le monde économique.
De fait, l'attractivité de Marseille est réelle. Entamée bien avant la période de crise sanitaire qui a totalement fait passer le télétravail dans les mentalités et les us, elle n'a eu de cesse de se renforcer. « Aujourd'hui, on trouve tout à Marseille. Il y a une diversité folle. Et le côté multiculturel qui était perçu avant comme un biais est maintenant mis en avant », se félicite Émilie Mercadal, fondatrice de l'entreprise Rofim qui œuvre dans le domaine de la santé, et également vice-présidente d'Aix-Marseille French Tech. « Pour nous, le fait d'être à Marseille est vraiment un atout pour recruter ».
Les données publiées par Provence Promotion en attestent - 80 projets accompagnés en 2022 -, le territoire - qu'il faut considérer dans son ensemble - attire.
Mais faire venir d'ailleurs n'est pas le seul point de référence : le bien-être des entreprises nées et implantées sur le territoire est également un élément d'analyse. Si donc, tout va plutôt bien, la Ville de Marseille contribue-t-elle au développement économique ?
À lire également
On serait tenté, par exemple, de penser que l'économie sociale et solidaire soit particulièrement accompagnée, elle qui représente par ailleurs 19% de l'économie marseillaise. "La Ville a conscience de la réalité forte de l'ESS et a créé un service dédié qui travaille sur ce sujet et réfléchit à la manière de favoriser l'installation et le développement d'entreprises de l'économie sociale et solidaire à Marseille. Il y a une volonté de faire quelque chose pour le développement de l'ESS", souligne Denis Philippe, le président de la chambre régionale de l'ESS. Ce dernier indique par ailleurs que Laurent Lhardit, l'adjoint en charge de l'économie, n'hésite pas mentionner régulièrement les chiffres de la CRESS. Pourtant, aucune convention n'a été signée entre la Ville et la Chambre régionale. La loi oblige en fait cette dernière à conventionner avec l'État et la Région - avec laquelle la CRESS a de très bons rapports - mais pas avec les métropoles et les villes. Ce qui peut néanmoins se faire, à l'initiative des collectivités. Et qui aurait tout son sens à Marseille, où se trouve le siège de la CRESS. "Nous avons fait une proposition à la Mairie : d'une part sur la recherche de locaux voire de foncier pour installer notre maison de l'ESS [un projet d'ampleur pour faire rayonner les structures de l'ESS et que la chambre régionale aimerait installer à Marseille, ndlr], d'autre part, nous lui avons proposé de s'engager à nos côtés, comme l'État et la Région, sur la signature d'une convention. La balle est dans le camp de la ville", indique Denis Philippe.
Laurence Bottero, Maëva Gardet-Pizzo