A Marseille, la ministre Sabrina Agresti-Roubache affirme sa politique de la Ville
Laurence Bottero
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En déplacement officiel à Marseille, sa ville natale, Sabrina Agresti-Roubache, ministre de la Ville, imprime sa vision pour une politique de la Ville "transversale"
Une semaine après sa nomination au sein du gouvernement Borne, Sabrina Agresti-Roubache effectue un déplacement officiel pour deux jours dans la Cité phocéenne. La ministre de la Ville a clairement imprimé sa vision et une perspective, confirmant sa volonté d’une politique qui opte pour la transversalité, le dialogue et qui ne mise pas tout sur les enveloppes et les milliards d'euros.
« La politique de la ville, c'est la politique du vivant ». Dès ses premiers mots - prononcés sur le terrain de sa cité natale - la nouvelle ministre de la Ville affirme clairement sa vision. Son premier déplacement officiel, elle l'avait promis, serait pour Marseille. Il n'a pas déçu. Il faut dire que la ministre de la Ville est peu connue pour son usage de la langue de bois et dans la mission qui lui est confiée, on peut considérer que c'est plutôt un atout.
Ramener le bien vivre
« Faisons de la mixité sociale, c'est comme cela que l'on travaillera sur le peuplement dans les quartiers. La pire discrimination est la discrimination sociale. Ce n'est pas la discrimination ethnique, ce n'est pas vrai », affirme celle qui veut « ramener du beau », le « bien manger, bien dormir, bien vivre, bien apprendre ». Et la sécurité, « priorité des habitants des quartiers défavorisés (...) Je suis née dans une maternelle à côté d'un commissariat, je sais de quoi je parle ». Pour cela, « il faut aussi réconcilier les uns avec les autres, la police avec les citoyens, les citoyens avec la police. Mais il ne manque pas grand-chose. Tout le monde a envie de cela ».
Sabrina Agresti-Roubache le redit aussi clairement, la politique de la Ville ce n'est pas celle de la victimisation, rappelant la « fierté » des habitants des quartiers défavorisés, la solidarité qui y existe aussi. « Nous n'avons jamais voulu que l'on prenne notre destin en main à notre place ».
Sabrina Agresti-Roubache n'édulcore pas davantage la problématique des trafics, de drogue notamment. Le désarmement des trafiquants étant même une question posée au gouvernement dès ses premiers pas de députée, à l'Assemblée nationale. « La réalité c'est qu'il y a des interstices dans lesquels se sont engouffrés des trafics ».
Et la ministre de la Ville d'insister encore sur la nécessité d'une politique transversale qui n'adresse pas les problématiques en silo. Et de redire combien ramener la culture dans la ville est primordial. « Il faut ramener la culture dans la cité, c'était déjà dans mes premiers projets il y a 15 ans », dit celle qui est aussi productrice cinématographique. Et qui est désormais le pilote dans l'avion du Plan Marseille en Grand, où le volet des industries culturelles et créatives est majeur dans sa structuration. L'annonce du financement de certains projets via France 2030 a d'ailleurs été confirmée en mai dernier.