Réindustrialisation : les ETI, atout de l'acceptabilité des territoires ?
Laurence Bottero
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La réindustrialisation, devenue priorité nationale suite aux conséquences de la crise sanitaire, est un mouvement en marche, encouragé par un Plan Relance spécifique et un France 2030 doté de 54 milliards d'euros pour 5 ans. Un desiderata sur le papier, concrétisé dans les faits, la France comptant 280 usines de plus depuis 2021. Preuve que la réindustrialisation, c'est possible. Quand elle n'est pas empêchée...
Car qui dit réindustrialisation, dit usines. Et le mot, plus que le projet lui-même parfois, fait peur. Réindustrialiser oui, accepter l'implantation d'une unité à côté de chez soi... ne provoque pas forcément le même engouement, ainsi que les récents exemples récents l'ont montré. La réindustrialisation n'est pas un sujet nouveau pour les industriels mais le momentum post-crise s'est révélé favorable, jouant une sorte d'accélération à un mouvement déjà engagé. Entre difficultés d'approvisionnement, hausse des coûts, volonté du consommateur d'un Made in France voire d'un Made in Europe, réinstaller des usines sur le sol français semblait donc aller de soi. Ce que Corinne Molina, vice-présidente du groupe Mäder, fabricant de peintures et de résines industrielles, originaire des Hauts-de-France résume en une phrase : « mieux vaut maîtriser son destin ».
Sauf que « les intérêts ne sont pas toujours convergents, entre la volonté des industriels, la volonté des élus, les groupes d'intérêts, les riverains... », détaille Axel Rebaudieres, Directeur Général de KPMG, qui a consacré un débat lors de la dernière Rencontre des Entrepreneurs de France, fin août, au sujet de la réindustrialisation et de l'adhésion des territoires. L'adhésion des territoires qui ne va donc pas forcément de soi.
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Si la récente mésaventure de Bridor sert quelque peu d'étendard, d'autres exemples existent sur le territoire, comme celui du fabricant de peinture Sathys, sous-traitant d'Airbus Helicopters, qui a dû revoir son projet d'usine 4.0 pour cause de classement Seveso niveau 1. Le poids des mots... versus l'opportunité de création de richesse et de développement d'une activité historique pour le département, la région et la France.
Laurence Bottero