L'Après M : symbole du potentiel de transformation de l'économie sociale et solidaire
Maëva Gardet-Pizzo
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... ... Donnant enfin aux habitants de ces quartiers oubliés le pouvoir d'agir. Et de rêver.
«
Est-ce que quelqu'un parle espagnol ?
»,
hèle une grappe de personnes au milieu des tables et persiennes de l'Après M. Des visiteurs espagnols sont arrivés tôt ce matin, quand le restaurant n'était occupé que par quelques salariés occupés à laver la salle.
Mais l
'heure du
déjeuner
approchant -
il paraît que ce lieu est un «
aimant
» duquel on a du mal à décoller -
, leur traduct
eur
a
dû partir
. Il faut le remplacer.
«
On a souvent des visiteurs
», sourit du fond de sa chaise Lila, bénévole de l'Après M,
regard clair,
qui porte un survêtement vert olive. «
Il y a trois jours, on en a eu
qui venaient
de Berlin.
C
e sont des groupes d'étudiants, des agences de voyage spécialisées dans la découverte d'actions sociales. Ou parfois, juste des curieux qui font un stop
ici
».
Peut-être attirés par ce lieu suite à la lecture d'articles le concernant, jusqu'aux colonnes du New York Times.
Q
ui aurait pu penser qu'un Mac Donald, symbole par excellence de l'uniformisation culturelle, puisse un jour devenir un lieu de visite aussi prisé ? D'autant plus dans ce quartier où, de l'avis d'un salarié qui s'apprête à sortir fumer sa cigarette malgré le crachat matinal, «
il n'y a rien à faire. Ce n'est pas un lieu de passage ic
i
». Par la fenêtre du restaurant en effet, on ne voit que d'imposantes tours grises.
Et
devant, un immense rond-point qu'anime un bal
let
monotone de voitures et de poids lourds.
Dans ce paysage, l'Après M détonne par ses couleurs p
astels
.
Par s
es jeux d'enfants repeints de planètes et d'astres. Par le fourmillement de personnes qui y viennent et d'initiatives qui y naissent. M
ais a
ussi
par son histoire
.
À lire également
Nous sommes en
1992
lorsque
Mac Donald installe un restaurant dans ce territoire sur lequel il peut s'assurer une situation de quasi monopole. En échange, il s'engage à créer de l'emploi pour les habitants de ce quartier loin de tout, où la mobilité est une gageure. Très vite,
embauchant jusqu'à 77 salariés,
il devient le second employeur du quartier, après l'hypermarché Carrefour à
quelques centaines de mètres de là
. «
Il n'a jamais été un Mac Do comme les autres
», aime à répéter
du haut de son pull crème
Kamel Guemari, représentant syndical de l'ancien Mac Do, désormais président bénévole de l'Après M.
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