Alors qu’il vient de créer officiellement l’agence de développement économique et des transitions, le président de la Métropole de Montpellier Michaël Delafosse poursuit sur sa lancée. Il organisait, ce 17 novembre, les Assises de l’économie. Objectif : fixer le cap 2030-2040 en impulsant une méthode qu’il veut collective et en définissant les filières sur lesquelles il considère que la capitale languedocienne a ses chances (numérique, santé globale, énergies renouvelables, industries culturelles et créatives, vin).Dans les années 1980, le maire (PS) Georges Frêche avait joué la carte du marketing territorial avant tout le monde en lançant un slogan qui allait rester longtemps dans les esprits : « Montpellier la surdouée ». C'était la grande époque du développement de la ville, tant sur le plan urbanistique qu'économique. Plus de quarante ans après, ce slogan est resté dans les mémoires locales mais a déserté les usages. Entre temps, la ville a perdu, il y a sept ans avec la fusion des régions, le statut de capitale régionale. Aujourd'hui, à mi-mandat, le maire (PS) Michaël Delafosse, disciple de Georges Frêche, également président de ce qui est devenue une Métropole de près de 500.000 habitants, veut projeter dans le futur le destin économique de la capitale languedocienne.
C'est la raison pour laquelle Michaël Delafosse avait convié tout l'écosystème économique ce 17 novembre pour les Assises de l'économie, avec l'ambition de faire émerger une feuille de route qui donnera le cap 2030-2040. Quelque 600 personnes étaient donc réunies. Mais avant les ambitions, l'état des lieux, la méthode et des regards extérieurs.
« En dopant l'endogène, on dope l'exogène »
Une mission a été confiée au cabinet EY : faire un diagnostic du territoire (voir encadré).
« Même si le BIC a accompagné 820 entreprises depuis 1987 pour 94,6 millions d'euros levés, ce qui est rare en France et même en Europe, la Métropole doit mieux accompagner le passage à l'échelle des acteurs de l'innovation,souligne Marc Lhermitte, senior partner chez EY.C'est un mal français mais la surdouée doit être exemplaire ! (...) La transition écologique est un impératif réglementaire, social. La Métropole a déjà engagé des politiques publiques ambitieuses sur les mobilités et l'aménagement du territoire avec la gratuité transports en commun (qui sera aboutie pour tous les habitants de la Métropole à compter du 21 décembre prochain, NDLR) et avec la réduction de 25% de la consommation de foncier. Et cette question est l'affaire du grand territoire. »
Jacques Godron est le président de l'Institut des Hautes Etudes des Métropoles, et spécialiste de l'attractivité. Il était invité à s'exprimer sur « Les enjeux et opportunités des filières stratégiques ».
«Pourquoi une entreprise choisit-elle un territoire plus qu'un autre ?,interroge-t-il.Pour attirer, il faut être "le territoire de...". De quoi Montpellier est-elle le territoire ? Les entreprises vont là où elles sont sûres de trouver du "carburant" : de la formation, des entreprises leaders, des nouvelles technologies, des entreprises secondaires, des réseaux, des événements, des services. En dopant l'endogène, on dope l'exogène. »