Il était un emblème de la colère des agriculteurs en France. Il a été à l'initiative du premier barrage érigé dans l'Hexagone pour matérialiser leur colère. Au sud de Toulouse, à Carbonne (Haute-Garonne), les manifestants ont bloqué l'autoroute A64, dans les deux sens, dès le jeudi 18 janvier. Néanmoins, ce blocage a pris fin en début d'après-midi le samedi 27 de ce même mois. « Nous avons gagné le combat », avait déclaré Jérôme Bayle pour justifier cette levée du blocage, vendredi soir après la visite et les annonces du Premier ministre Gabriel Attal. C'est cet agriculteur bovin du Volvestre qui a initié le mouvement des agriculteurs dans le Sud-Ouest deux semaines plus tôt en devenant le porte-parole de celui-ci, dépassant les syndicats traditionnels.
En plus de l'annulation de la hausse de la fiscalité sur le gazole non routier (GNR), les agriculteurs du barrage de Carbonne attendaient des annonces sur des projets de retenues d'eau et d'indemnisations supplémentaires pour lutter contre la Maladie hémorragique épizootique (MHE). Résultat, le chef du gouvernement a annoncé des délais plus courts pour contester des projets agricoles (deux mois contre neuf actuellement), la tenue de réunions régionales sur la question de l'eau et l'État va débloquer 50 millions d'euros supplémentaires pour la MHE, qui touche tout d'abord l'Occitanie, tout comme il va prendre en charge les frais vétérinaires liés à cette épidémie à hauteur de 90% et non plus 80.
« Nous avons aussi obtenu la limitation du nombre de contrôles par les services de l'État, sur un an, à un seul. Pour nous, c'est tout sauf anodin quand parfois vous avez sept contrôles en cinq mois sur une exploitation (...) Nous avions des demandes claires et nous avons eu des réponses positives. Cela ne sert à rien d'être trop gourmand. Par contre, Gabriel Attal m'a donné des dates donc j'espère qu'il s'y tiendra car je lui ai dit que je serai son ombre et que je ne le lâcherai pas », a ainsi réagi Jérôme Bayle.