« Il ne faut pas obéir à ChatGPT, mais en faire un super assistant créatif » (Pierre Bentata)
Laurence Bottero
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LA TRIBUNE - Plus d'un an après ChatGPT, l'IA générative bouleverse encore davantage le monde du travail et l'économie. Vous avez, vous-même, dialogué avec ChatGPT. Et vous racontez, qu'après quelques échanges, ChatGPT vous tutoie. Comme un humain, finalement... Mais vous dites, attention, ChatGPT ne produit pas de langage...
PIERRE BENTATA - En effet, ChatGPT ne produit pas de langage, contrairement à ce que l'on croit. En calculant des règles de probabilité, elle arrive à trouver, à chaque fois, quel est le mot qui suit, de façon la plus probable. Et elle le fait pour ce que l'on tape et pour ce qu'elle tape aussi. Si bien, qu'elle ne sait jamais ce qu'elle va raconter à l'avance. Mais cela veut bien dire qu'elle ne comprend absolument rien de ce qu'elle raconte. C'est pour cela qu'il faut se méfier.
Un peu comme l'e-commerce à l'époque, peut-on dire qu'aujourd'hui, il existe deux catégories d'entreprises, celles qui utilisent l'IA et celles qui s'y refusent, pensant que ce n'est pas pour elles ?
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Je ne suis pas devin mais j'ai tendance à penser que oui. Dans le milieu informatique, dans le milieu de la recherche, c'est une certitude. Nous avons vu l'été dernier, l'IA de Google être capable de séquencer plus 30.000 génomes là où normalement il faut une équipe de 1.000 personnes pendant 5 jours pour le faire. Quand elle traite en quelques secondes des sujets techniques, de la gestion de grosses données, elle est irremplaçable. Mais même dans les secteurs où on peut avoir l'impression de ne pas en avoir besoin, il va se créer, très certainement, un besoin d'en avoir. Je travaille beaucoup avec les artisans, notamment avec les coiffeurs, et nous remarquons qu'à partir du moment où la population elle-même considère que cet outil est utile et devient même omniprésent dans la vie, ce qui est en train de se passer peu à peu - d'ici quelques années, nous aurons tous une IA qui gèrera toutes nos applications - ne pas l'avoir peut faire paraître l'entreprise moyenâgeuse. Et dans le cas des coiffeurs, bien sûr que la machine ne va jamais couper les cheveux - nous n'allons pas avoir de robot qui développe les mêmes compétences, c'est très technique de couper les cheveux - en revanche, quand certains coiffeurs vont proposer via leur appli ou leur site de pouvoir tester plusieurs coiffures différentes, bien sûr que le client choisira plus aisément le coiffeur qui propose ce service plutôt que celui qui ne le propose pas.
Laurence Bottero