À Marseille, le président de l'AMF rappelle le rôle des communes comme "premier financeur" de la culture
Maëva Gardet-Pizzo
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Marseille. « Ville d'art et de culture » dont les traces remontent à loin puisque « certaines peintures de la grotte Cosquer datent de 27.000 ans avant notre ère », décrit Frédéric Hocquard, président de la Fédération nationale des collectivités pour la culture (FNCC). « Et plus récemment, c'est Marseille qui a été la dernière capitale européenne en France, en 2013 ». Capitale européenne « dont la ville porte encore de belles réalisations comme le Mucem, la Friche Belle-de-mai réhabilitée ou encore la Biennale internationale des arts du cirque ». Autant de symboles qui ont conduit la FNCC a choisir Marseille pour la tenue son 25e congrès national, dans ce que David Lisnard, président de l'Association des maires de France, présent à la séance d'ouverture, a qualifié de « moment crucial pour l'avenir de notre politique culturelle ».
Un moment crucial dans lequel les acteurs en présence ont souhaité rappeler le caractère essentiel de la culture. « Je ne crois pas qu'il existe une culture populaire et une culture élitiste », entame Jean-Marc Coppola, maire-adjoint de Marseille en charge de la culture. « Je crois en une culture universelle qui émancipe et qui fait grandir ». Une culture « qui accompagne le progrès moral, écologiste, éducatif, philosophie de notre pays ». Des propos salués par David Lisnard : « La culture est le propre de l'homme. C'est elle qui permet d'échapper au déterminisme social et de se constituer un capital individuel quel que soit notre parcours, notre sexe, notre origine, nos moyens financiers ». Et d'ajouter : « la culture est un bien essentiel », raillant la décision du gouvernement de la classer parmi ceux qui ne l'étaient pas au moment du confinement en temps de covid-19.
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Et au-delà des circonstances exceptionnelles, regrettent les participants à la table ronde d'ouverture, la culture est bien souvent une variable d'ajustement des politiques budgétaires, comme le souligne Frédéric Hocquard. « Le Ministère de la culture a annoncé une baisse de 200 millions d'euros des crédits à la culture pour 2024 ». Et d'alerter : « Les collectivités locales ne viendront pas compenser ces baisses. Elles ne le peuvent plus. Leur budget se doit, de par la loi, d'être à l'équilibre. Or nos coûts de gestion augmentent tandis qu'il faut investir pour la transition écologique et faire face aux tensions sociales de plus en plus nombreuses. Tout cela génère de nouvelles dépenses et pas forcément de nouvelles recettes. Il est donc de plus en plus compliqué de maintenir le haut niveau de financement de la culture que nous souhaitons ».
Maëva Gardet-Pizzo