« Je vous rappelle que vous êtes sous serment Monsieur Ducournau », lance un député au directeur général du groupe Pierre Fabre, à l'issue d'une salve de questions du premier à destination du second. Une manière de rappeler avec élégance que les membres de l'Assemblée nationale attendent des réponses claires sur l'intervention, ou non, du groupe pharmaceutique et dermo cosmétique basé à Castres (Tarn) sur le projet d'autoroute A69 entre Toulouse et Castres. Le dirigeant était ainsi convoqué, jeudi 30 mai, à la chambre basse du Parlement, dans le cadre de la commission d'enquête dédiée au montage juridique et financier de cette infrastructure autoroutière de 53 kilomètres qui doit être mise en service en 2025.
Sans surprise, la présence du groupe Pierre Fabre dans l'actionnariat de la société « Tarn Sud Développement » a été évoquée, après les révélations dans la presse à ce sujet datant d'avril dernier. Pour mémoire, cette entité est entrée il y a quelques mois au capital d'Atosca, concessionnaire et futur exploitant de la future autoroute A69 entre Toulouse et Castres.
Si la société Tarn Sud Développement n'a été créée qu'en août 2023 et a pris dans la foulée 5,3% du capital d'Atosca, c'est bien grâce au soutien du groupe Pierre Fabre, actionnaire numéro un de cette structure. Devant les députés, le directeur général a évoqué un investissement de 5,2 millions d'euros contre 57% du capital de cette holding. « Nous avons craint pour l'intégrité de nos salariés et la sécurité de nos sites », a par ailleurs souligné le dirigeant pour justifier son silence à ce propos pendant plusieurs mois, face à la contestation croissante contre le projet.