Souvent, c'est l'inverse. Quand le monde économique a des revendications, c'est au monde politique qu'il s'adresse. Mais en période d'élections, c'est le monde politique qui essaie de convaincre les chefs d'entreprises. Il faut dire - et ces Législatives le prouvent - que les programmes économiques sont souvent au centre du débat. Et le patronat, un électeur courtisé. Car la création de valeur passe bien par les ETI, grands groupes, PME et TPE. Le contexte pour la produire peut être un levier d'attractivité comme un repoussoir... Un facilitateur ou un empêcheur de croître en rond.
Et en temps de crise et autres soubresauts économiques, savoir quelles seront les orientations choisies, les stratégies adoptées et les velléités revendiquées, est forcément majeur.
Si le Medef a fait passer son grand oral voici moins d'une semaine, dans le Sud, l'UPE06 (l'Union pour l'entreprise, qui regroupe Medef06 et CPME06) a dupliqué l'exercice. Conviés à une audition devant un parterre de patrons de tous secteurs, du BTP à l'alimentaire, de l'industrie à la tech, les candidats aux Législatives dans les 9 circonscriptions des Alpes-Maritimes n'ont finalement pas été très nombreux - 5 uniquement - à accepter le challenge.
L'objectif pour les dirigeants et le président de l'UPE06, Pierre Ippolitto, était limpide : mieux comprendre les tenants et les aboutissants - comprendre les propositions et les solutions pour y parvenir, financement compris - des programmes économiques proposés par les partis et répondre ainsi à une certaine « inquiétude dans nos rangs », le financement précisément étant un élément majeur « dans un contexte dégradé ». Une façon aussi de rappeler que maltraiter les entreprises et leurs dirigeants ne serait pas la meilleure façon d'engranger des points de croissance, Pierre Ippolito rappelant que « les entreprises sont essentielles à la bonne marche du pays » et que si, syndicat apolitique, le Medef ne donne « aucune consigne de vote » son « rôle est de dire ce qui paraît rationnel et dangereux pour les entreprises et les salariés. Le cap est la bonne santé économique du pays ». Avec, au chapitre des inquiétudes, la mobilité, le logement pour actif et l'impact de la loi ZAN sur le foncier, déjà extrêmement manquant. La taxation des entreprises, la revalorisation du SMIC ou le retour de l'IFI s'ajoutant aux interrogations.