À Marseille, la fin des emplois francs laisse un goût d'inachevé
Maëva Gardet-Pizzo
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Inadéquation des compétences avec celles que recherchent les entreprises. Absence de modes de transport adaptés ou de solutions de garde pour les enfants. Discriminations à l'embauche ... « Dans les quartiers prioritaires de Marseille, le chômage est 2,5 plus élevé que dans le reste de la ville », nous expliquait il y a peu Pascal Blain, directeur régional de France Travail en Provence-Alpes-Côte d'Azur. C'est contre ces inégalités d'emploi qu'avaient vocation à lutter les emplois francs. Dispositif dont le projet de loi de finances pour 2025 prévoit la suppression dans un contexte de restrictions budgétaires.
Le principe : inciter financièrement les entreprises à embaucher des personnes résidant dans des quartiers relevant de la politique de la ville. Celles-ci recevaient ainsi 5.000 euros par an sur trois ans maximum pour un CDI. 2.500 euros par un pour un CDD de plus de 6 mois.
Un dispositif qui avait de quoi intéresser dans une ville comme Marseille où un tiers des habitants vit dans l'un des 41 Quartiers Prioritaires de la Ville (QPV) que compte la ville. Des QPV où le taux de chômage est élevé (supérieur à 20 % dans quatre arrondissements notamment), et où, comme l'Insee nous l'apprend dans une récente étude, 52 % des habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté. Pour autant, le dispositif n'aura jamais le succès escompté.
Tout commence en 2013. François Lamy, alors Ministre de la Ville, signe à Marseille les deux premiers contrats qui doivent lancer une première expérimentation. Objectif : créer 2.000 emplois francs en France dont 400 emplois à Marseille. Cette première mouture du dispositif est finalement abandonnée, jugée trop restrictive puisqu'elle ne vise que l'embauche de jeunes de moins de 30 ans issus de QPV et au chômage depuis un certain temps.
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En 2017, une nouvelle expérimentation des emplois francs est annoncée à Tourcoing par Emmanuel Macron, ciblant un public plus large puisqu'elle concerne désormais l'embauche de tout demandeur d'emploi domicilié dans un QPV. Mais sept ans plus tard, les objectifs sont, là encore, loin d'être atteints.
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