« Aujourd’hui, l’emploi salarié ne protège plus du mal-logement » (Anne-Claire Bel, Compagnons Bâtisseurs Provence)
Maëva Gardet-Pizzo
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S'il est une couleur qui domine le bureau qu'occupe Anne-Claire Bel au sein du local des Compagnons Bâtisseurs à Marseille, c'est bien le bleu. Nettement sur le mur du fond de la pièce. Puis par touches, ici sur une lithographie représentant un paysage de ville grecque, là sur une petite table basse. « En fait, c'est un peu un hasard », sourit-elle sous sa frange châtain. « Quand j'ai pris mes fonctions, je suis allée cherché de la peinture dans une droguerie et il n'y avait plus beaucoup de choix. Alors j'ai choisi ce bleu et j'ai agrémenté la pièce avec quelques objets de la même couleur ». Se saisir des opportunités. Se les approprier pour se sentir à sa place. Chez soi.
Comme ce poste de directrice qui lui faisait craindre de s'éloigner du terrain et des personnes qu'elle y rencontrait jusqu'alors. « Les postes de direction peuvent sembler très techniques, pas forcément appropriés pour quelqu'un qui recherche du sens, du contact humain. Mais on peut adapter un poste en y mettant de soi. Au final, je n'ai jamais accompagné autant de personnes à la fois », assure la directrice de cette association de 47 salariés, auxquels il faut ajouter 5 volontaires issus de plusieurs pays de l'Union européenne ainsi qu'une quarantaine de bénévoles.
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Une équipe mobilisée autour de ce qui fait le cœur de métier des Compagnons bâtisseurs : l'auto-réhabilitation accompagnée. Le principe : permettre à des habitants subissant des situations de mal-logement - qu'ils soient locataires ou propriétaires occupants- d'améliorer leurs conditions de vie à l'intérieur de leur domicile. « Cela commence par un diagnostic partagé avec les habitants. On ne se rend pas chez eux en tant qu'experts. Même si nous sommes là pour repérer des problématiques techniques, il y a des choses que seuls les habitants peuvent nous dire : par exemple le fait qu'ils reçoivent une décharge électrique quand ils posent la main sur l'évier. On observe aussi leur façon de se mouvoir, d'occuper leur logement ».
Maëva Gardet-Pizzo